
La dynamique de rassemblement, de transformation et d’espérance est là, au soir de ce premier tour, au lendemain, plutôt, de ce premier tour du vote militant. Je voudrais d’abord remercier tous les militants du Parti socialiste, quel que soit leur vote, d’avoir prouvé la vitalité de la démocratie à l’intérieur de notre Parti. Je voudrais leur dire aussi que je partage le sentiment de nombreux militants, éprouvés et parfois inquiets par cette si longue campagne qui n’a pas toujours donné une bonne image de notre Parti. Mais je voudrais leur dire que ce soir, le vote va nous permettre d’oublier tout cela et de ne retenir que le meilleur. Le vote de ce soir va nous permettre, j’en suis sûre, de repartir sur de nouvelles bases. En effet, ce soir, militants, militantes, vous allez décider de la légitimité de la nouvelle équipe dirigeante et vous allez lui donner les moyens d’agir. Et je voudrais, du fond du cœur, remercier toutes celles et ceux qui, pour la seconde fois, après le vote sur les projets, qui nous avait déjà mis en tête, qui pour la seconde fois donc, m’ont placée très largement en tête avec plus de 10.000 voix d’avance, et m’ont donné ainsi la possibilité de l’emporter au second tour, merci pour cette confiance.
Oui, la dynamique du rassemblement, de la transformation et de l’espérance sont bien là, car une fois de plus, les pronostics arithmétiques et les combinaisons d’appareil n’ont pas été suivis car notre loi commune, à l’intérieur du Parti socialiste, c’est la liberté, la liberté de vote des militants. Cette liberté a été au rendez-vous, et je demande qu’elle soit à nouveau au rendez-vous ce soir. Pourquoi cette liberté doit être au rendez-vous ce soir ? Parce que, par ces votes, les militants ont déjà marqué profondément leur volonté de changement. Et de ce point de vue, beaucoup de celles et ceux qui ont voté pour Benoît, aspirent aussi au changement des pratiques, à la transformation de notre Parti et à l’ancrage à gauche des socialistes. Et je voudrais vous dire que nous sommes la garantie de ce changement, de cet ancrage à gauche, mais aussi de l’ouverture sur toutes les idées neuves. Je retiens aussi ce qu’a dit Benoît – et c’est l’essentiel – que personne n’était propriétaire de ses voix et je le remercie de cette éthique politique.
Je voudrais dire aux militants et militantes que je me suis présentée devant eux avec une équipe qu’ils connaissent et j’étais la seule à procéder de cette façon, car je crois qu’aujourd’hui, on dirige avec l’esprit d’équipe. J’ai donc dit avant, ce que je ferai après. Et je n’ai pas changé de ligne. L’équipe, vous la connaissez, c’est à la fois une équipe renouvelée mais aussi expérimentée, avec de nouvelles générations, rajeunies, féminisées, métissées, fortes de l’expérience d’élus de territoire. Elle se rassemble avec Vincent PEILLON, Delphine BATHO, Manuel VALLS, Aurélie FILIPPETTI, Najat BELKACEM, François REBSAMEN, Jean-Noël GUERINI, des maires des grandes villes, Gérard COLLOMB, Martine LIGNIERES-CASSOU, Hélène MANDROU, des présidents de région, Jean-Jacques QUEYRANNE, Jean-Yves LE DRIAN, Jacques AUXIETTE, bref, je ne peux pas tous les citer, mais la conception que nous avons de la remise en mouvement du Parti socialiste, c’est un Parti appuyé sur la vitalité et sur la force de ces territoires. C’est pourquoi cette articulation entre une nouvelle génération qui va prendre ses responsabilités, que je vais mettre en valeur, et à la quelle je vais déléguer ces responsabilités parce qu’ils sauront non seulement s’y consacrer à plein temps, mais aussi rendre des comptes devant les militants et ce renouvellement s’appuie sur l’expérience et en particulier, sur la politique par la preuve que les élus des territoires exercent dans leur responsabilité locale. Ces équipes s’ouvriront, bien évidemment, forte de la légitimité du vote des militants, et je voudrais dire aux militants que plus ils me donneront cette légitimité de composer cette nouvelle équipe, plus nous pourrons nous ouvrir aux autres équipes qui ont combattu dans ce débat interne avec leurs idées et leur personnalité et dans chacune de ces équipes, il y a des personnalités de premier plan que je veux intégrer demain à la Direction du Parti socialiste, des talents comme Didier MIGAUD, Pierre MOSCOVICI, Marisol TOURAINE. Ces équipes s’appuieront sur le travail des groupes parlementaires et en cohérence avec le travail parlementaire, et notamment les présidents de groupe, Jean-Marc AYRAULT et Jean-Pierre BAYLE.
Militants, militantes, je voudrais vous dire, avec gravité, qu’à l’heure où les Français sont dans la difficulté et dans l’inquiétude, pour leur emploi, pour leur pouvoir d’achat, pour l’éducation de leurs enfants, à l’heure où le pouvoir en place de la droite est si dur pour les plus faibles et si généreux pour les plus favorisés, à l’heure où la droite détruit méthodiquement toutes les protections sociales et s’emploie à casser sur nos territoires les services publics, la responsabilité des socialistes est de se rassembler rapidement, de se mettre au travail, de combattre et de proposer face à la droite pour protéger les Français.
Dans la préparation de cette élection et de ce Congrès, j’ai tendu la main en permanence à mes partenaires, avant et pendant le Congrès. Et dès demain, je recommencerai à rassembler tous les socialistes. Il y a un contrat avec les militants qui a été proposé pour changer nos méthodes, nos codes, nos façons de faire, et pour que la fraternité revienne dans notre Parti, et je suis convaincue que c’est en travaillant ensemble, avec une exigence intellectuelle de tous les instants que nous saurons déclencher des dynamiques intellectuelles, des dynamiques humaines, des dynamiques du plaisir de travailler et de répondre rapidement aux questions que se posent les Français.
Dès lundi, nous serons au travail si les militants nous font confiance. Ma première décision sera de prendre contact immédiatement avec les responsables des organisations syndicales et avec les responsables des partis socialistes des autres pays européens qui, déjà, ont manifesté leur préoccupation et leur intérêt sur ce qui se passe au sein du Parti socialiste français, le pays de la Révolution française et des Droits de l’homme. Nous sommes très attendus face à la crise financière internationale pour apporter des réponses qui sortent de nos frontières. Et donc le mouvement social sera immédiatement contacté pour organiser très rapidement, si possible avant la fin de la présidence française de l’Union européenne, un forum global qui rassemblera toutes celles et ceux qui, aujourd’hui, ont été privés de la prise de parole, ont été marginalisés par rapport aux décisions cruciales qui sont à prendre pour changer notre modèle social et notre modèle économique. Car tout socialiste, et au-delà, les humanistes et ceux qui veulent que ça change, nous partageons cette révolte contre l’injustice qui nous a conduit à l’engagement socialiste. Tous, nous sommes convaincus que seul, le combat collectif est porteur d’émancipation. Tous et toutes, nous avons besoin d’un Parti uni qui s’arrache aux intrigues, qui fasse confiance à ses militants, qui se mette à l’écoute des Français et qui soit à l’image de leur diversité sociale. Alors socialistes, je vous demande votre confiance. Je saurai m’en montrer digne ; c’est un honneur de diriger notre Parti, avec toute une équipe, j’accepterai cette tâche si vous me la confiez, avec dévouement, avec enthousiasme et avec un sens profond des responsabilités.
Ce soir, nous allons nous unir autour d’une fierté retrouvée, fierté de nos valeurs à gauche, fierté de ce pour quoi nous nous dressons, pour protéger les citoyens contre les dégâts du libéralisme financier féroce. Nous sommes fiers d’être socialistes, et nous devons être à la hauteur, et je n’ai aucun doute là-dessus, nous serons à la hauteur. Car dans ce XXIème siècle de fureurs et de désordre, ce sont nos idées et nos valeurs qui sont sur le champ de bataille. Le monde change ; cette force du changement est telle qu’elle nous commande de changer sereinement mais avec détermination notre Parti socialiste.