
Vidéos et textes de toutes les interventions de la présentation de la contribution "Combattre et proposer" samedi 28 juin à la maison de la chimie.
Intervention d’Édouard Martin, délégué syndical CFDT d’Arcelor Mittal, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
« Gandrange, avec ou sans Mittal, l’Etat investira à Gandrange. Et puis vous savez, Gandrange comme voyage de noces, y’a pas mieux ! » Ces mots là ne sont pas de moi, il y a longtemps que je suis marié, mais ces mots sont du président de la République, Nicolas Sarkozy, qui est venu à Gandrange profiter du désespoir de 1 000 salariés, à qui on avait annoncé la fermeture de l’usine. Il est venu, il a eu le culot de venir nous voir, se payer un coup médiatique sur notre dos, sur notre désespérance, et c’est inadmissible.
Ce que je voudrais dire, je vais être bref, je ne vais pas monopoliser la parole, il y en aurait pour des heures de débat, mais simplement, sur l’industrie française et sur la sidérurgie : il faut savoir que la France était, il y a encore une trentaine d’années, dans le peloton de tête de l’industrie. Et aujourd’hui, la France est le 14è pays industriel, très loin derrière l’Allemagne et très loin derrière l’Italie. Ce qui veut dire que nous sommes dans un pays qui n’a pas soutenu son industrie. Nous sommes dans un pays où les élus actuels nous font croire que l’avenir de la France est d’être un pays où on ferait uniquement des services, que des services.
Et bien je peux vous assurer que nous, les Lorrains, on n’en veut pas de ce futur-là. Nous ce qu’on veut c’est une industrie forte, une sidérurgie forte, parce que vous l’avez vu, l’acier n’a jamais autant gagné d’argent que ces derniers temps. Huit milliards d’euros de bénéfice net à Arcelor Mittal en 2007, et 2008 ça va être encore beaucoup mieux. Alors, simplement, pour être bref et aller au but : nous, Gandrange, c’est un cas d’école. Mais c’est un cas d’école à ne pas reproduire. Parce que, une fois qu’on se penche sur le dossier Gandrange, on voit toutes les erreurs qui ont été commises.
Et si je suis ici présent, si Ségolène Royal a eu la gentillesse de m’inviter, c’est pour lancer un cri, un cri d’alarme et un cri d’attention. Parce que l’industrie française est en danger. Elle est en danger parce que, dans les cinq ans qui viennent, 40 % des effectifs vont partir en retraite. Et aujourd’hui, nous n’avons pas anticipé pour le transfert des savoirs, nous n’avons pas investi dans la formation professionnelle. Nous investissons peu dans la recherche et le développement. Et pour nous, ce sont les points essentiels pour maintenir une activité industrielle forte en France.
Donc, simplement, le mot que nous autres Lorrains voulons lancer, c’est : l’Etat doit nous laisser la parole, doit nous laisser travailler, doit nous laisser proposer. Nous ne savons pas uniquement manifester dans la rue, nous connaissons nos usines, nos métiers, nous connaissons nos clients, et ce que je voudrais dire, c’est que nous avons des propositions concrètes à faire. On en avait une sur Gandrange. L’Etat ne nous a pas aidés, l’Etat nous a abandonnés. Et la dernière proposition, parce que le plan social est en cours de développement, malheureusement, c’était de signer une convention tripartite, entre l’Etat, les syndicats et Arcelor Mittal.
Le groupe Arcelor Mittal n’était pas opposé, et c’est Bercy qui a refusé la convention tripartite. Vous pensez, nous autres syndicalistes, on n’a pas notre mot à dire ! Il faut laisser faire ça aux politiques et notamment Nicolas Sarkozy !
Et pour finir, je dirai simplement, nous autres les Lorrains, ce qu’on souhaite, c’est que premièrement, ce soit le dernier mariage de Nicolas Sarkozy, et deuxièmement qu’il ne choisisse plus jamais la Lorraine comme voyage de noces !
Intervention d’Ariane Mnouchkine, metteur en scène, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
« L'État-Providence ». Avez-vous remarqué avec quel sourire narquois ou désolé ils prononcent cela ?
« C'en est fini de l'État-Providence ». Avez-vous noté avec quelle violence, avec quelle gourmandise, ils lancent cette prophétie revancharde ?
Et moi, je me demande toujours : Mais, si l’État qui est … moi; si l'Etat, qui est… nous; si l'Etat qui est… le peuple, n'est pas providentiel, alors qu'est-il? Que doit-il être ? Que peut-il être d'autre alors, que le plus froid des monstres froids ? Mais s'il est le plus froid des monstres froids, alors, c'est qu'il n'est pas le peuple? Mais si l'Etat n'est pas le peuple, c'est que nous ne sommes plus en démocratie. C'est qu'il y a mensonge. Et que, comme dit Zarathoustra, il y a, suspendu au-dessus de nous, un glaive et cent appétits.
Car si nous sommes encore en démocratie, quel autre devoir, quelle autre solution avons-nous que de tout faire pour que le peuple soit la providence du peuple ? Vous remarquerez que l'on peut inverser la phrase : que le peuple soit la Providence du peuple, cela se lit dans les deux sens. Cela doit se dire dans les deux sens. Car évidemment, à un moment donné, il y a une réciprocité nécessaire. Nous devons être providentiels les uns aux autres.
« C'en est fini de l'Etat-Providence ! ». Qu'entendent-ils exactement par Etat- Providence ?
Certains, bien sûr, sont honnêtes, j'en connais, et croient, sincèrement que cela veut dire accepter sans sourciller le pillage du trésor de l'Etat c'est-à-dire du trésor commun, par tous les resquilleurs, profiteurs, tricheurs, bulleurs, glandeurs et gueux de France, de Navarre et, surtout, d'ailleurs.
Certains autres, les plus puissants, savent bien qu'il ne s'agit pas de cela, même si c'est à tout prix qu'il faut nous le faire croire. Non, ils savent, eux, qu'il s'agit, certes, d'une sorte de pillage, au mieux d'une réquisition légalisée du bien commun, mais pas par les gueux de France, de Navarre et d'ailleurs, non, mais par eux-mêmes et leurs amis.
Alors, pour que cesse cette réquisition permanente des pouvoirs et des biens, pour que le peuple soit la providence du peuple, il faut la gauche. Il faut le rêve de la gauche, il faut les valeurs de la gauche, il faut la confiance en l'humain de la gauche, il faut la fraternité de la gauche. Mais il faut que la gauche sache entendre que dans providence il y a prévoyance, donc clairvoyance, donc conscience de la complexité, donc exigence de vérité. Pour l'amour du ciel, pas de fausses promesses ! Aucune ! Nous n'y avons pas droit ! Un chemin à trouver ensemble, à gravir ensemble, à débroussailler ensemble. Pas de feux d'artifices, ils aveuglent. Une petite lumière. Il nous faut juste cette petite lumière.
Que nous soyons providentiels les uns aux autres, que chaque citoyen le soit pour tous les citoyens, que notre pays le soit pour l'Europe, que l'Europe le soit pour le monde. Quelle autre cause plus exaltante ? Quel chantier plus magnifique pour cette gauche que nous représentons aujourd'hui ? Quel plus bel espoir ?
Intervention de Delphine Batho, députée, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Je suis heureuse d’être dans une salle aussi chaleureuse et aussi combative.
Alors, comme vous l’avez compris, notre contribution est tournée d’abord vers l’urgence des combats d’aujourd’hui, l’urgence du combat contre l’insécurité sociale, contre l’abandon des banlieues, contre l’abandon de la recherche, de l’éducation.
Je voulais vous parler d’une autre insécurité, l’insécurité tout court, celle qui existe toujours, mais qui - vous l’avez remarqué - a disparu des gros titres des journaux télévisés, alors que ces dernières semaines, il y a eu des émeutes à Vitry-le-François, à Meaux. Il y a eu des morts dans des règlements de compte dans un certain nombre de quartiers. Il y a eu des lycéens agressés au Champs de Mars à Paris, alors qu’ils fêtaient le bac. Il y a eu des affrontements communautaires en plein Paris.
Voilà la situation qui existe toujours dans notre pays. Évidemment vous avez bien compris que c’est l’ancien ministre de l’Intérieur qui est responsable de cet état de fait, qui est responsable d’avoir aussi mis le feu aux poudres par une escalade verbale et le vocabulaire qu’il avait utilisé.
Nicolas Sarkozy ne veut pas débarrasser la société française de la violence. Il ne veut pas débarrasser la société française de la violence, parce qu’il a besoin du désordre !!!
Alors, la gauche, elle doit une bonne fois pour toutes, assumer, revendiquer, porter le combat contre la violence.
C’est un combat contre la brutalité des rapports humains. C’est un combat de valeurs contre la loi du plus fort, la loi de la jungle, l’argent-roi, le consumérisme et tout ce que ça véhicule dans les rapports humains.
Dans la contribution, nous disons que ce combat, cet ordre juste repose pour nous sur trois piliers.
Le premier, c’est une prévention précoce pour s’attaquer à la violence à la racine.
Le deuxième, c’est le retour d’une véritable police de quartier qui doit être au service des habitants et qui ne doit pas être au service de la politique du chiffre qui envenime les rapports entre ce qui doit être un service public et la population.
Et le troisième , c’est une sanction précoce avec des alternatives à la prison , parce que nous voyons aujourd’hui une inflation carcérale qui ne fait qu’une chose, c’est fabriquer de la récidive.
Intervention de Bertrand Monthubert, Président de Sauvons la Recherche, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Je lis derrière moi ces termes « combattre et proposer »... Je crois que notre but à "Sauvons la recherche" a toujours été de proposer pour mieux combattre.
Proposer, on l'a fait depuis des années et les États généraux 2004 qui ont réuni des milliers de personnes à travers la France pour faire des propositions concrètes, pour faire évoluer le système de recherche et d'enseignement supérieur. Ces propositions, qu'est-ce qu'elles sont devenues ? Rien.
Le gouvernement, année après année, a mis en place des réformes qui, toutes, ont tourné le dos aux propositions de la communauté scientifique.
Quel est le résultat aujourd'hui ? C'est une crise, une crise importante. Des centaines de directeurs de laboratoires qui menacent de démissionner, qui menacent de bloquer un certain nombre d'instances ; des centaines de chercheurs dont les travaux scientifiques ont été reconnus par des prix importants qui expriment leur forte inquiétude ; un conseil d'administration du CNRS qui ne peut se tenir à cause de la pression qui a été exercée par les scientifiques, notamment à l'appel de « Sauvons la recherche » ; une pétition qu'on vient de lancer qui, en 24h, a recueilli 10 000 signatures, qui exprime, je crois, ce climat de crise.
Aujourd'hui il faut qu'on arrive à restaurer un climat de confiance et si je suis là aujourd'hui c'est pour vous appeler à soutenir le combat qu'on est en train de mener. Un combat pourquoi ?
Un combat qui s'articule autour de trois demandes. La première, c'est de respecter ce qui se passe partout dans le monde : une autonomie des scientifiques par rapport aux politiques. Cette autonomie, pour la comprendre peut-être, regardons ce qui se passe dans les médias publics : Nicolas Sarkozy se rêve en directeur des programmes d'une chaîne de télévision. Mais finalement, il fait la même chose sur la recherche. Il se rêve aussi en directeur des programmes, des établissements de recherche. Pouvons-nous lui faire confiance à votre avis ? A-t-il l'expertise pour le faire ? Je crois que non.
Cette autonomie, ce n'est pas quelque chose qu'on réclame pour le confort des scientifiques. C'est une mesure d'équité par rapport à tous les citoyens. Nous ne voulons pas être sous la dépendance d'un pouvoir politique qui, à un moment donné, commande une étude à l'INSERM, demandant s'il est possible de dépister un délinquant chez les enfants de moins de trois ans.
Pour un pouvoir protégé contre ses intérêts, ses intérêts particuliers politiques ou économiques, nous avons besoin de cette autonomie. Cette autonomie, elle passe aussi par des structures, elle passe par des statuts et les statuts des personnes. Aujourd'hui, nous avons une précarité de plus en plus forte dans la recherche. Les jeunes sont soumis à des contrats de plus en plus courts. On les empêche de s'engager sur des sujets risqués parce que ce qu'il faut, c'est publier, publier vite, donc aller sur les sujets faciles et en délaissant les sujets les plus importants pour l'avenir de la recherche.
Alors, ce qui se passe aujourd'hui, c'est que nous avons des demandes qui sont précises, des demandes auxquelles nous pouvons satisfaire, le budget est là pour les satisfaire. Ça nécessite des réorientations. Il faut que tout le monde s'en empare, parce que le combat que nous avons aujourd'hui, c'est pas simplement un combat des chercheurs pour les chercheurs. Le combat que nous avons, c'est un combat pour l'avenir de la recherche. Derrière l'avenir de la recherche, c'est l'avenir de la France.
C'est pour ça que je suis là aujourd'hui, pour vous demander votre soutien. Soutenez-nous pour soutenir la France.
Intervention de Pascal Terrasse, économiste, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Merci Ségolène. Quelques mots pour faire bref et pour te remercier tout particulièrement d'avoir mis la santé au cœur de tes réflexions. Tout à l'heure, dans le petit clip qui est passé, le commentateur mettait en évidence que la santé était la principale préoccupation des Français.
Et je trouve qu'en politique, finalement, cette thématique n'apparaît pas suffisamment dans le débat. Et donc Ségolène, tu seras vraisemblablement, à la lecture des quelques contributions que j'ai pu lire ces derniers jours, tu seras peut-être la seule à avoir un chapitre consacré précisément à la santé des français.
Et vous le savez, la santé est aujourd'hui malmenée dans notre pays. Si tu m'as demandé de parler aujourd'hui devant les militants, c'est parce que, cette semaine, le directeur de l'assurance maladie, de la sécurité sociale, a présenté un plan de réduction drastique des dépenses de santé. Et comme par hasard, le gouvernement, le Premier ministre, la ministre de la Santé et le ministre du Travail nous disent : « Mais moi j'ai rien demandé, moi je n'y suis pour rien ». Sauf que, la semaine dernière, Eric Wurtz avait demandé précisément à M. Van Roekeghem de faire des économies.
Il y a comme un jeu de rôle qui s'installe dans ce pays aujourd'hui où un jour on dit qu'on va transférer une partie de la prise en charge de l'optique et du dentaire vers les assurances privées et puis un jour où l'on revient sur la décision. Et puis on nous dit cette semaine que l'on va ne plus prendre en charge les affections de longue durée.
Les maladies de longue durée affectent huit millions de personnes dans notre pays. Ce sont celles et ceux qui ont les plus grandes souffrances. Voulons-nous, oui ou non, améliorer le sort de ces 8 millions de personnes ou voulons-nous rajouter de la souffrance à de la souffrance ? Nous ne sommes pas pour cette logique-là.
Je disais il y a un instant, dans le clip, que nous sommes pour une république de solidarité. C'est dans cette condition qu'on se différencie de Nicolas Sarkozy et de sa politique qui va être de plus en plus dure.
Dans quelques semaines maintenant, à l'Assemblée nationale, ils vont nous présenter le plan de réforme de la Sécurité Sociale. C'est 3 milliards d'euros vraisemblablement de réductions sur ce budget. Qui va être touché ? D'abord les plus faibles et l'hôpital public : la fermeture de nombreux hôpitaux locaux dans le milieu rural. Ayons le courage de mener le combat jusqu'au bout, parce qu'il en va de notre République, de l'histoire de la Sécurité sociale créée par les résistants.
Battons-nous. Nous ne voulons pas, Ségolène, d'une société à l'américaine où le chacun pour soi règne. Nous voulons une société des solidarités.
Intervention de Thomas Piketty, économiste, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Des réponses précises sur des questions de fond. Je crois que c’est d’abord cela qu’attendent les Français : au-delà des querelles internes, montrer que, voilà, il y a une alternative qui existe, qui se prépare, pour dans quelques années.
Ariane, tout à l’heure, nous parlait de l’Etat-providence. Et bien la pérennité de l’Etat-Providence et de notre modèle social français repose notamment sur notre capacité à prendre ces questions à bras le corps, et à ne pas les laisser à d’autres.
Je suis très heureux que ces questions de fond soient prises aujourd’hui dans cette contribution, d’autant plus que ce sont des propositions émancipatrices, pas techniques.
Emancipatrices parce que les révolutions qui sont proposées dans le domaine fiscal et le domaine des retraites permettent, d’abord et avant tout, aux citoyens de se réapproprier le système des retraites, de se réapproprier le système fiscal.
Aujourd’hui, le problème dont on souffre, ce n’est pas qu’il y ait trop d’impôts, ou d’ailleurs pas assez d’impôts, c’est surtout que les gens n’y comprennent rien, sont perdus par une accumulation de niches fiscales, qui fait que chacun finalement suspecte son voisin de mieux tirer parti du système et cela finit par miner le consensus démocratique autour de l’impôt, et en particulier, autour de l’impôt progressif.
Si on veut réhabiliter l’impôt, l’impôt progressif en France, il faut commencer par le moderniser profondément. En fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG, en prélevant à la source l’impôt sur le revenu, en le prélevant aussi au niveau de l’individu, et non pas du couple.
Car le prélever au niveau du couple, c’est aussi ce qui décourage le travail féminin. Prélever au niveau du couple revient à traiter le travail féminin comme un travail d’appoint, comme un revenu d’appoint.
Voilà ce que je propose. Ce qui est proposé dans ce domaine est vraiment dans le sens émancipateur. Ce n’est pas la fiscalité d’un point de vue technique, c’est vraiment une vision émancipatrice de la fiscalité et de la révolution fiscale.
Sur les retraites, en un mot, l’objectif principal est de montrer qu’il est possible de parler des retraites autrement que pour faire du rafistolage, autrement que pour en parler en termes de réductions de droits et de déficits financiers.
Oui, c’est vrai qu’il y a un problème de financement des retraites, mais ce n’est pas le problème principal. Le problème principal, c’est qu’on a un système qui, à force d’empilement de régimes, de règles différentes, finit par devenir complètement incompréhensible.
En particulier pour les jeunes générations qui partiront à la retraite en 2040-2050, sur des trajectoires professionnelles compliquées, parce qu’ils peuvent être fonctionnaires, ils peuvent ensuite être dans le privé, être salariés, puis partir un peu à l’étranger.
Cette multiplicité des régimes aujourd’hui est totalement anxiogène et fait que les gens n’ont aucune idée en vérité de leurs droits à l’horizon 2030-2040.
Donc , si en plus, on ne parle des retraites uniquement que pour annoncer des mauvaises nouvelles et des réductions de droits, on a un système qui crée beaucoup plus d’angoisse, alors qu’en réalité la retraite par répartition devrait être la première des sécurités face à l’avenir.
Pour cela, de ce point de vue, la réforme qui est proposée dans cette contribution, qui s’inspire notamment de ce qui a été fait par les sociaux-démocrates en Suède dans les années 1990, consiste à avoir un système unifié, égal pour tous, qui s’applique aussi bien au public qu’au privé comme aux salariés, avec des comptes individuels de cotisations. C’est un système qui fonctionne intégralement par répartition et qui permet à chacun de connaître à chaque instant l’étendue de ses droits à la retraite.
Alors qu’actuellement, toutes les personnes - qui changent de statut notamment - sont totalement perdues par rapport à leurs droits à la retraite.
Il faut d’abord réaffirmer la retraite comme un droit individuel. Il faut réaffirmer la retraite comme le patrimoine de tous ceux qui n’ont pas de patrimoine.
Et c’est cette mission qui doit prévaloir, et non pas simplement un exercice permanent de rafistolage financier qui consiste à faire peur aux Français, et à leur faire croire que, finalement, la capitalisation serait plus sûre que la répartition.
Voilà les raisons pour lesquelles je suis très heureux de signer cette contribution.
Intervention d’Aurélie Filippetti, députée, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
142 dollars, 142 dollars le baril de brut ce matin à New-York ! La crise énergétique n'est plus en face de nous, elle est à nos pieds. Et pour l'affronter pour qu'elle ne se transforme pas en crise sociale - ce qu'elle est déjà - il faut des politiques courageuses.
Il faut aussi des principes, des principes démocratiques. La démocratie participative, ça sert aussi à affronter les questions écologiques, les questions environnementales parce que c'est à l'ensemble de la société, à l'ensemble du peuple de déterminer les choix qui sont acceptables ou non pour une société.
C'est un défi aussi pour la recherche, pour l 'innovation, c'est un gisement d'emploi, l'environnement, qui a toujours été sous-estimé en France, la France qui a fait le choix du nucléaire et qui a tout investi sur le nucléaire délaissant ainsi les énergies renouvelables et les économies d' énergie.
Pour aujourd'hui et pour demain ce que le gouvernement nous propose avec son Grenelle de l' Environnement (qui n' a été que de la communication) c'est construire un deuxième réacteur EPR. Alors que l'on sait très bien que le premier réacteur était arrêté pour des problèmes de sécurité. On sait qu'en Finlande il y a un an et demi de retard sur le chantier de l' EPR et que le prix de revient a été multiplié par deux.
Ce n'est pas avec l' EPR qu'on fera rouler des voitures, ce n'est pas avec l' EPR qu'on fera avancer des bateaux, ce n'est pas avec l' EPR qu'on sauvera les pêcheurs qui subissent aujourd'hui la crise de la sur-pêche et la hausse des prix de l' énergie. Il faut pour ça des choix clairs.
Les choix qui sont dans la contribution sont ceux d'une révolution écologique. Sur trois principes : économiser l'énergie en rénovant les logements (en isolant on peut économiser 30% de notre facture énergétique : c'est bon pour le pouvoir d'achat, et c'est bon pour l'environnement) ; renforcer l'efficacité énergétique et la décentralisation de la production de l'énergie afin de rapprocher les producteurs et les lieux de consommation ; et enfin investir massivement dans les énergies renouvelables qui sont les énergies de demain.
Sur le sujet des OGM, je tiens à saluer la démarche vraiment novatrice de Ségolène Royal qui a été la première en France a interdire les OGM dans la région Poitou-Charentes.
Intervention de Kamel Chibli, Cités d’avenir, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Je vais tout d’abord associer Brahim à ce discours qui va être assez bref et concis, à la fois percutant, pour tout d’abord vous parler d’espoir. L’espoir c’est un bien beau mot pour ce que nous avons vécu dans les quartiers, pour ce qui s’est levé pendant la présidentielle. Il faut savoir qu’il y a eu énormément de mobilisation, autour d’une candidate qui a su élever la passion des quartiers populaires et je vais insister là-dessus : pour la première fois dans ce pays, une personne politique a su parler des quartiers.
J’insiste là-dessus parce qu’on parlait d’espoir. Je crois que c’est ça aujourd’hui pour qu’une personne arrive à se mobiliser, a se mobiliser dans les urnes. Elle pense qu’elle a de l’avenir malgré la détresse, malgré la difficulté, c’est qu’elle a, à un moment donné, une certaine attente, et une espérance avec une candidate qui a su les entendre, qui a su leur parler, les remercier, et qui a su les comprendre pour proposer des choses.
Je ne reviens pas sur ce Plan banlieue, cet « énième plan banlieue », comme le dirait si bien Brahim, dont on nous a dit, avec Fadela Amara, qu’il était fait « pour essayer de lutter contre l’ennui » ce qui est une honte ! Un plan « anti-glandouille », dit-on… C’est un scandale ! Il est clair qu’aujourd’hui, nous avons le souhait de tous nous mobiliser autour de cette question.
Cités d’avenir est un exemple. On a pour la première fois dans ce pays énormément de jeunes qui se sont mobilisés pour un parti, pour une candidate, pour accompagner l’espoir et l’espérance ce qui n’est pas évident. Cela veut dire qu’on s’est mobilisés politiquement pour des associations qui dépendent de communes ou de collectivités territoriales. C’est énorme, très conséquent.
Je tiens à le souligner aujourd’hui, ces gens-là sont toujours présents, mobilisés, et nous on a envie de leur dire : Venez, continuons ensemble.
Ségolène, je pourrais citer beaucoup de tes phrases. Il faudrait à mon avis les reprendre notamment pour le Parti Socialiste, car il s’agit de ça aussi aujourd’hui : apporter un espoir et un avenir à ce pays. Il faut que la gauche soit capable d’alimenter, de proposer, de faire en sorte que ce pays change et que la politique de ce Nicolas Sarkozy puisse s’arrêter une fois pour toutes.
Et la France a changé. Notre pays est riche de sa diversité, et nous voulons qu’il en soit fier. L’avenir ne se fera pas sans vous, il ne se fera pas sans les quartiers populaires. Ils font partie intégrante de la société, et comme le dit si bien Ségolène, les quartiers populaires - il faut être clairs, nets et précis et je le dis avec conviction - ce n’est pas un problème, les habitants des quartiers ne sont pas un problème. Ils sont une partie de la solution ! Tu l’as redis plusieurs fois et ça c’est très, très bien dit.
Alors notre démarche est multiple, je veux lancer un message, il est clair que notre engagement avec Brahim et bien d’autres en France - certains sont de provinces et d’autres n’ont pas pu venir pour des raisons de transport - il faut encourager au maximum les habitants. Mobiliser. Le travail est important, lourd, conséquent, l’espoir est là. Moi si je suis là aujourd’hui avec Brahim et bien d’autres, c’est parce qu’on croit à ce projet, elle n’est pas seule. On est là, tous là. Moi je suis fier d’être là avec vous aujourd’hui, car l’avenir du Parti socialiste est là. Nous notre objectif c’est aussi de faire rentrer ces jeunes qui militent, qui veulent être acteur, qui veulent s’investir dans un parti. Pour nous en l’occurrence, les idées qui nous ressemblent le plus sont au Parti socialiste et la contribution que porte Ségolène et toute l’équipe, elle est à mon avis utile et importante pour s’occuper du renouvellement, du changement des idées et du modèle politique. C’est de ce changement là qu’on a besoin !
Intervention de Jean-Louis Bianco, député, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Chers amis, chers camarades, je suis aussi heureux que vous de nous retrouver aussi nombreux, aussi chaleureux, aussi rassemblés, et la moindre force de Ségolène n'est pas de savoir fédérer autour d'elle les talents, les énergies, les générations. Merci Ségolène [applaudissements].
Beaucoup d'amis, beaucoup de camarades n'ont pas pu venir. Il nous ont adressé, ils ont adressé à Ségolène des messages ; je voudrais juste en lire un. C'est un message de Pierre Berger :
« Ma chère Ségolène, comme je regrette de ne pas être avec toi. Sache en tout cas que je serai à tes côtés et que j'y serai jusqu'au bout [applaudissements] Le chemin sera long et difficile mais nous le ferons ensemble et, avec toi, nous gagnerons. Je t'embrasse, Pierre »
Un mot alors, pour terminer cette première partie et passer le relais à la deuxième équipe ; c'est Vincent qui va commencer. Oui nous avons besoin d'une industrie. Oui les travailleurs sont capables de revendiquer et d'avoir des idées. C'est pourquoi nous proposons une révolution du pouvoir dans l'entreprise : 50% de représentants des salariés dans les conseils d'administration [applaudissements] [commentaire masqué par les applaudissements] Oui, Ariane, nous voulons garder ce beau mot d'État-Providence, mais en en repensant les fondements et nous voulons un État prévoyant, c'est à dire qui attaque les inégalités à la racine, dès le départ, à l'école, à la petite enfance [applaudissements/ voix couverte : dans les quartiers les plus... ... ...]. Oui, Ariane, c'est tellement juste, si l'État n'est plus le peuple, alors ce n'est plus la démocratie. C'est pourquoi notre programme, finalement, mes amis, mes camarades, se résume à une idée-force : le socialisme, c'est la démocratie jusqu'au bout.
Intervention de Vincent Peillon, député européen, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
La première qualité indispensable si l’on veut être capable de refonder ensemble un socialisme, c’est cette lucidité radicale par rapport à l’état du monde et de la société. Nous n’en pouvons plus des débats tabous. Nous n’en pouvons plus de ne pas vouloir regarder ce qui se passe autour de nous. Nous n’en pouvons plus de lire, dans le fond, le XXIè siècle avec des lunettes du XXe, quand ce ne sont pas celles du XIXe.
Et nous savons ce qu’il nous en a coîté collectivement de ne pas faire quand il le fallait, ce travail de modernisation de notre pensée et de lucidité radicale par rapport aux souffrances et aux violences de la société qui sont bien là, on l’a vu ce matin.
Deuxièmement, c’est le courage. Il n’est pas possible que nous soyons tièdes, demi mots, silence. Il n’est pas possible que la gauche ne manifeste pas plus la fierté qui est la sienne. Il n’est pas possible que la gauche ne soit pas capable de porter à nouveau toutes les grandes réformes démocratiques et sociales dans ce pays depuis deux siècles d’actions. Rien n’a jamais été donné, comme nous le disait récemment Louis Mermaz. Rien n’a été octroyé, ni le suffrage universel, ni la diminution du temps de travail, ni l’abolition de la peine de mort. Cela toujours été un combat et nous devons retrouver le sens et le goût du combat, et pour commencer de la bataille idéologique.
Lucidité radicale, combativité et en même temps inventivité, audace des réformes. J’étais heureux de voir comment Thomas vous a présenté tout à l’heure les réformes que nous avons enfin tranchées ensemble et que j’attendais depuis 15 ans qu’un socialiste veuille bien les trancher. La question de la révolution fiscale, du grand impôt progressif : c’est parce que nous ne l’avons pas fait que nous avons perdu en 1995 et que nous avons perdu en 2002. Car personne ne s’est jamais trompé, ni les couches populaires, ni les salariés, sur le fait que nos revendications d’égalité étaient hypocrites tant que nous n’étions pas capables d’introduire dans ce pays - ce n’est quand même pas révolutionnaire, Joseph Caillaux - un véritable impôt progressif qui fasse une véritable redistribution.
Enfin, et c’est la partie que nous commençons maintenant et je m’en tiendrai là. Il n’y a pas eu un grand progrès, ni civique, ni civil, ni social qui ne se soit bâti autour d’une avancée démocratique. La démocratie a toujours été l’instrument - et nous sommes des socialistes démocratiques - l’instrument de la réforme économique et sociale. Or depuis des années nous vivons une crise dure de la République et une crise dure de la démocratie. Il faut accepter que la rénovation ne soit pas seulement des objectifs généreux. Ce sont les instruments pour atteindre ces objectifs.
Nous avons besoin d’une VIe République démocratique sociale, et c’est ce que nous vous présentons. La VIe République, ce sont des institutions bien sûr, le mandat unique pour les parlementaires, la réforme du Sénat, l’indépendance de la justice, mais c’est aussi un esprit public et nous avons besoin de faire vivre dans ce pays l’esprit public. Il a un beau nom, c’est la laïcité. Elle au cœur de notre contribution et j’en suis heureux.
Intervention de Louis Mermaz, sénateur, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux : 1789. Tout avait été dit déjà.
Mais entre ce qui est dans les lois et dans les codes, et ce qui est dans la réalité, parfois, que de différences!
Or depuis 2002, et davantage encore depuis cette dernière année, et les textes et la pratique ont fait que ces droits ont continûment régressé. C’est contre cela que nous nous élevons.
Régression avec des lois liberticides concernant le fonctionnement de la justice bien entendu; davantage de gardes à vue, davantage de pressions, davantage de contrôles, davantage de flicage...
Mais la liberté, c’est un tout, elle est indivisible. Et il faut saluer le fait que Ségolène Royal et ceux qui sont autour d’elle pour la rédaction de cette contribution, n’ait pas craint d’aborder certains sujets sur lesquels l’opinion publique n’est pas forcément d’emblée unanime.
Je pense à deux sujets, mais… Comme le disait Dostoïevski, on reconnaît l’état d’une société à l’état de ses prisons.
La surpopulation carcérale, le recours systématique à la détention privative de liberté, forme de question des temps modernes, l’état dans lequel son nos prisons, le spectacle Sangate scandaleux, qui voit un groupe de construction devoir construire puis gérer les prisons, alors que dans le même temps il gérera la télévision à laquelle les prisonniers auront peut-être le droit d’accéder… Tout cela c’est une négation des libertés. C’est une négation de la République.
Et puis il y a le sort fait aux immigrés. Saluons le travail admirable de RESF, dont plusieurs militants, membre du parti socialiste ont déposé une contribution.
Arrestation des familles, internement des enfants… Les socialistes français et d’autres ont été les seuls à travers le PSE, où les Allemands et la plupart des Espagnoles ont manqué au rendez-vous, à s’opposer à ce projet de directive européenne qui permettra d’enfermer jusqu’à 18 mois, et d’interdire du territoire national pendant 5 ans à ceux qui auront été expulsé ; qui traitera les mineurs de la même manière que les majeurs puisqu’on pourra les renvoyer dans les pays de transits.
Le contrat européen d’immigration que prépare le Président français actuel, qui permettra de renforcer le contrôle au frontière, d’expulser davantage… Bref la chasse au clandestin, tout cela défigure la République française, est la négation de notre histoire, la négation des liens que nous avons pu tissé outre mer.
Et bien parce que tout ce tient, quand on traite ainsi des détenus dans des prisons, lorsqu’on traite ainsi des immigrés, croyez-vous qu’on traite mieux ceux qui travaillent, ceux qui sont malades, ceux qui ont besoin d’enseignement ?
Ce combat est le même combat. Et grâce à vous nous allons le gagner.
Intervention d’Edwy Plenel, Directeur de la publication de Mediapart.fr, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008.
Bonjour et merci à Ségolène Royal et à Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’Avenir, d’avoir pris ce risque, fidèlement à leurs convictions démocratiques, d’inviter un sujet incontrôlable : un journaliste.
Je voudrais vous parler d’une liberté en péril : la liberté de l’information, et d’un sujet qui fâche : le journalisme justement.
Nous avons tous, y compris dans les rédactions, toujours des raisons d’être mécontents des journalistes, de les trouver insuffisants, arrogants, inexacts, prétentieux, donneurs de leçons…
Mais c’est un alibi, c’est un alibi pour notre indifférence à notre liberté, non pas celle des nôtres car les journalistes ne sont pas dépositaires d’un privilège. Ils sont gardiens, artisans, instruments d’une liberté, qui ne leur appartient pas, notre liberté à tous. Celle de savoir, celle d’être informé.
Vous avez des convictions, vous lisez les journalistes et vous vous dites parfois qu’ils écrivent des bêtises. Des bêtises, mais n’oubliez pas qu’un monde où il n’y aurait que des vérités d’opinion, que des vérités de convictions, que des vérités de sentiments, que des vérités de préjugés, ne serait plus un monde commun.
Pour qu’il y ait un monde commun, il faut qu’il y ait ce que la philosophe Hannah Arendt appelait l’égalité de faits.
Alors ces vérités de faits, dans notre monde moderne surinformé, elle est menacée. Une grande démocratie américaine, pendant 2 ans, a vécu avec un mensonge d’Etat, deux mensonges médiatiques., et nous en payons toujours le prix : ce fut la guerre en Irak et les armes de destruction massive.
Sommes-nous à l’abri des mensonges, aujourd’hui dans ce pays ?
Avez-vous souvenir de Clichy-sous-Bois où, le mensonge d’État d’un ministre de l’Intérieur a enflammé nos banlieues ?
Avez-vous souvenir de cette manipulation mensongère d’une affaire judiciaire, qui a permis de régler des comptes à droite, et qui s’est imposé comme une lecture médiatique ? Je veux bien sûr parler de l’Affaire Clearstream.
Tout pouvoir a tendance à aller jusqu’au bout de lui-même, à réduire ce trouble, ce désordre, cette impatience démocratique que représente le journalisme.
Tout pouvoir, pas seulement de droite, mais de gauche parfois. Et c’est bien pour cela qu’il faut opposer à tout pouvoir ce principe de droit rappelé par le droit européen, que le journalisme est le chien de garde de la démocratie.
Un chien de garde : l’expression n’est pas belle, mais cela dit bien ce que cela veut dire.
Il n’est pas forcé d’être sympathique, un chien de garde. Il a parfois un peu de bave à la gueule. Il aboie à 4 heures du matin. Il réveille le quartier, il fait du désordre. Il tire, il crie, il aboie.
Et bien, justement. Mieux vaut ce désordre, mieux vaut ce trouble que l’indifférence et le grand silence des médias.
Alors, ce pouvoir-là, ce pouvoir actuel - et je suis de ceux qui l’ont dit bien avant qu’il soit en place -, ce pouvoir-là divise. Car il gouverne les médias pour les corrompre, les parasiter, les dévitaliser.
Dans le petit livre que l’auteur de théâtre, Yasmina Reza, a consacré à sa campagne, on entend l’un de ses conseillers, Laurent Solly, depuis passé à TFI, dire ceci : « Tu sais, Yasmina, la réalité n’a aucune importance, seule la perception compte… »
Nous sommes au cœur de ce défi. Plus de monde commun, plus de réalité, que de l’imaginaire, que de la représentation, que de la mise en scène.
D’abord le contrôle humain. Placer ses hommes, en montrant que l’on peut faire peur. Parce que vous savez, quand on frappe un ami, quand on frappe un proche, un vague soutien, et bien on fait peur à deux ennemis. C’est ce que j’appelle la jurisprudence Genestar.
Alain Genestar récemment, a écrit ceci alors que lui-même n’est pas un dissident ni un révolté. Mais Alain Genestar a écrit ceci récemment dans son témoignage d’expulsion : « Pour la première fois de ma vie, mon pays n’était plus le mien. Je m’y sentais étranger. La France devenait Sarkoland, et nous des exclus. »
Voilà ce qu’écrivait Alain Genestar, l’ancien responsable de Paris Match !
Placer ses hommes, placer ses hommes en parlant à la bassesse humaine, aux carrières, à l’argent, à la réussite.
Deuxièmement, vous le savez, le contrôle économique.
Jamais un président de la République n’a eu de tels liens incestueux, personnels, privés avec les capitalistes du monde médiatique. Ils sont ses prêteurs de mots, ses parrains, ses témoins, ses amis. Ils sont là dans le mélange des genres puisque tous ont besoin des commandes de l’Etat pour faire par ailleurs leur succès.
Autre chose, bien plus dangereux, parce que le plus souterrain : le contrôle de l’agenda.. Cette façon d’imposer son agenda aux médias, y compris en parlant à ce qu’il y a de plus douteux dans nos curiosités.
C’est évidemment cette façon de jouer avec la vie privée, de jouer avec le people. Et vous avez vu récemment le feuilleton Carla Bruni !
Alors ce n’est pas tout, car l’offensive est devant nous. Elle appelle que vous vous mobilisiez à nos côtés, journalistes de toutes les rédactions.
Le service public est un obstacle par son autonomie. Alors, on fait un leurre. On annonce la fin de la publicité, et vous le savez, l’étude est sortie hier : de 58 à 60 % de la manne publicitaire reçue par le Service public ira à TF1 de Monsieur Bouygues.
Dans le même moment, il dit (et c’est là où ce pouvoir se démasque. Et oui, pour son avantage, le système actuel est hypocrite, le CSA fait des nominations politiques, alors tombons le masque…). Dans le même temps, il dit donc : le pouvoir exécutif nommera les patrons de l’Audiovisuel public.
Qu‘aurait dit un authentique démocrate, bien sûr ? et c’était déjà dans les propositions de la campagne de Ségolène Royal : « Le CSA est insuffisant, il faut le démocratiser, il faut que les parlementaires aient un plus grand contrôle ». Non, il ne dit pas cela. Tout comme quelqu’un qui dirait : au fond le vol est général, tout le monde est des voleurs, et bien légalisons le vol !
Deuxième offensive à venir, après celle contre le service public : internet.
Internet est un lieu de liberté, est un lieu de démocratie, de démocratie participative, d’échange, de partages, de lucides initiatives.
Cet excès de liberté les dérange. Et contre internet, contre cette liberté, contre cette gratuité gratuite de l’échange et du partage, ils vont mener la bataille au nom de la gratuité marchande. Au nom de la gratuité qui sert les propriétaires des tuyaux , les fournisseurs d’accès, contre notre liberté sur la toile.
Franck Louvrier, porte-parole de cette présidence, l’a dit, l’a écrit : « Internet, c’est quoi ? Devinez ? C’est Mai 1968. »
Vous connaissez le commentaire.
Et nous sommes là dans un anniversaire où nous pouvons dire que, malgré les caricatures, 1968 - et il y avait tout à l’heure un syndicaliste qui parlait - c’est avant tout la plus grande grève ouvrière de notre époque, et la plus grande espérance démocratique qui est encore devant nous.
J’arrive enfin à ma conclusion.
Et vous me le permettrez, Ségolène Royal, ce sera ma contribution à votre contribution.
Car, bien sûr, que ce pouvoir est pour moi un danger démocratique.
Mais tout cela ne serait pas possible sans ces institutions qui sont là aujourd’hui et qu’hélas, la gauche n’a pas su suffisamment transformer. Un président de la République omnipotent, une hyper-présidence qu’il peut rappeler comme cela, qui gouverne, qui note, qui humilie ses propres amis, son propre gouvernement.
Alors vous le savez, François Mitterrand ne m’a peut-être pas entendu. Mais je reste fidèle au Mitterrand d’opposition, au Mitterrand qui disait qu’on pouvait croire que la Révolution française avait rangé au nombre des vieilleries, cette identification d’un peuple avec celui qui le gouvernait.
Oui, mes amis, la révolution démocratique est encore à faire : elle est là devant nous. Contre ce coup d’Etat médiatique permanent qui gouverne ce pays.
La crise de la Presse française, 31ème au plan mondial, 14ème au plan européen, la plus chère d’Europe, la plus subventionnée par l’État, qui va de plans sociaux en plans sociaux, n’est pas seulement une crise industrielle. C’est d’abord une crise démocratique qui met en péril notre possibilité de partager un récit commun sur le monde, sur ses difficultés, sur sa complexité, sur sa factualité.
Alors, sincèrement, ne soyez pas indifférents aux batailles des journalistes, ne les regardez pas du balcon, soutenez-les.
Soutenez la presse indépendante.
Nous avons besoin de vous, nous ne sommes pas grand-chose face à tous ces rouleaux compresseurs.
Parce que la peur règne y compris dans les rédactions ces temps-ci.
J’ai dit : révolution démocratique et je voudrais terminer par cela.
« Permettez-moi Messieurs - c’était un autre temps où il n’y avait pas de dames dans les assemblées - permettez-moi, Messieurs, en terminant ces paroles de déposer dans vos consciences, une pensée qui, je le déclare, devrait selon moi, dominer cette discussion :
« C’est que le principe de la liberté de la presse, n’est pas moins essentiel, moins sacré, que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux produits du même fait. Ces deux principes s’appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse, à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une, c’est attenter à l’autre. »
Vous venez d’applaudir Victor Hugo, le 11 Septembre 1848, le Victor Hugo du combat contre Napoléon le Petit.
Intervention de Jean-Pierre Mignard, Président de Désirs d’avenir, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Nous sommes en train de réussir cette contribution. Non pas parce que les contributions des autres, celles de nos amis, nos camarades, seraient mauvaises - ici ou là elles peuvent être contestables mais ce sont nos amis, nos camarades et toutes les contributions de ce parti sont honorables.
Je vais vous dire ce qui fait que nous sommes en train de gagner notre contribution, c’est que beaucoup de choses profondes sont en train de se jouer, de se manifester, dans ce pays.
Et puis deuxièmement, nous en sommes en train peut-être de faire aujourd’hui, par notre contribution, le premier grand meeting d’opposition à ce régime depuis un an !
Certains ne parlent même pas de la campagne présidentielle, et bien moi je vais en parler d’une manière peut-être particulière.
Un an après, Ségolène, tu réussis, toi la battue, à une magnifique réunion de mobilisation. Toi la battue, c’est toi que l’on adopte. Toi la battue, ce sont tes mots qui portent. Toi la battue, c’est toi qui nous rassemble. Toi la battue, et tu n’oseras pas le dire : c’est ton appartement qui est pour la troisième fois visité hier soir, et si tu es fatiguée c’est parce qu’à 2h du matin tu étais dans ton appartement avec la police et le procureur, car les mêmes avaient recommencé avec les mêmes procédés.
Et bien mes chers amis, mes chers camarades, dans les défaites, il y a des défaites qui sont des défaites et des défaites qui sont des espoirs.
Le soir de 1974, lorsque François Mitterrand convoque le monde de la jeunesse et du travail, nous avons électoralement perdu mais nous sentons que politiquement, nous avons gagné ! Le soir de 1977, lorsque nous avons gagné des villes, nous ne les avons pas toutes prises et nous n’avons pas la responsabilité nationale, mais nous savons qu’elle s’approche. Le soir de 1978, nous sommes à quelques sièges ; nous n’avons pas gagné mais nous savons que la victoire est à portée de main. Et ensuite, ce sera le 10 mais 1981 !
Ces défaites, elles annonçaient toutes des victoires ! Et Lionel Jospin en 1995 - nous, on n’est pas des mauvais copains, on n’est pas des mauvais camarades – quand tu perds, Lionel, en 1995, et bien tu annonces une victoire. Et c’est exactement cela, la lecture politique, la lecture non sectaire.
Et toi Ségolène, quand tu perds en 2007, tu annonces ce qui se passe ici, mais tu annonces déjà autre chose : une foule rassemblée et joyeuse, qui croit, et qui pense qu’elle a découvert son leader.
Est-ce que vous croyez vraiment que si Ségolène – certes elle a perdu dans les urnes – n’avait pas gagné dans les têtes, dans les semaines qui allaient suivre les élections législatives tous les camarades lui demanderaient de faire un tour de France effréné pour venir les soutenir ?
La défaite de Ségolène, c’est l’augmentation de plus d’un tiers de notre représentation parlementaire à l’Assemblée Nationale. La défaite de Ségolène, c’est comme jamais la responsabilité des socialistes dans la gestion de l’immense majorité des plus grandes collectivités territoriales françaises.
Vous croyez vraiment que c’était une défaite politique ?
Alors, nous allons nous approcher, tôt ou tard, de la vraie victoire politique.
Un mot sur la justice, c’était là-dessus que j’étais convoqué...
Un mot sur la justice, et puis peut-être parler des médias - nous connaissons avec la justice très exactement le même processus qui est à l’œuvre.
La Garde des Sceaux se disait : « Je suis le chef des procureurs ». Nicolas Sarkozy, lui, est le super procureur en chef.
Cette politique qui consiste à tenir comme jamais les parquets – alors que dans notre contribution, nous ne souhaitons qu’il n’y ait plus aucune instruction directe dans les dossiers de nos magistrats du parquet, redevenus comme le veut la Convention européenne des droits de l’homme des magistrats indépendants et impartiaux. Lui, au contraire et en toute régression, assume que ceux-ci doivent être soumis.
Jamais, comme cette année, les assemblées solennelles de rentrée de tribunaux, de cours, se sont transformées en véritables réunions de protestations, et où des premiers Présidents s’élevaient contre ce qui était la politique de main-basse sur la justice du gouvernement de Nicolas Sarkozy.
Ils ont dit qu’ils étaient insolents ; ils ont dit qu’ils ne respectaient pas leur devoir de magistrats, et bien nous les saluons, car nous voyons-là, nous, un très bel acte d’insubordination !
Bien sûr qu’il y a de la violence dans les quartiers, bien sûr qu’il y a de la délinquance dans les quartiers, et une sur-délinquance, et une répression et une sur-répression. Et malheureusement, ici ou là, comment faire autrement ? Mais nous sommes pour l’ordre juste, et si l’ordre juste nous commande la répression là où la délinquance apparaît – car on ne peut assurer la sécurité de toutes les personnes – l’ordre juste commande aussi de protéger les gamins qui sont victimes de dérapages de fonctionnaires d’Etat.
Est-ce que vous trouvez normal qu’après que deux gosses soient électrocutés, poursuivis par la police – qui a menti ! – qu’il ait fallu une semaine d’émeutes pour avoir un juge d’instruction ? Est-ce que vous trouvez normal dans ce pays, en cette année, qu’après que deux gosses aient été percutés par une voiture de police, il ait fallu trois jours d’émeutes pour avoir un juge d’instruction ?
Oui nous le savons : les gosses des banlieues sont victimes de sur-répression. Oui il y a aussi de la sur-délinquance – ne nous cachons pas sur ce point la réalité – mais parce qu’ils sont victimes d’une sur-répression, et parce que leur situation est difficile. Là où ils sont victimes, ils ont droit à un surcroît de justice.
Nous voulons une justice au cœur des nouveaux droits et des nouvelles sécurités. Nous voulons que les consommateurs, nous voulons que les patients, nous voulons que les habitants victimes de dommages écologiques puissent se réunir pour mener des actions collectives. Un juge, et un pôle de juges, pour des milliers de victimes ! Le Medef, le pouvoir, ne veulent pas de ces actions collectives, c’est absurde. Je m’adresse ici à la partie intelligente du patronat français, pour lui dire « n’ayez pas peur de ces actions collectives ! », parce que si nous agissons en amont, c’est la qualité de vos produits, c’est votre responsabilité qui en bénéficieront. C’est votre force sur le marché mondial, et c’est votre légitimité éthique qui en seront les bénéficiaires. Quant aux autres qui n’en veulent pas, et bien tôt ou tard nous le leur imposerons par la loi !
Enfin je termine par ce qui est certainement un des scandales les plus majeurs du moment, et Louis Mermaz y faisait allusion : les centres de rétention.
Pourquoi nous voulons une justice au service des citoyens ? Pourquoi nous voulons une justice propre, libre et indépendante ? Parce que, dans la constitution de la Vè République, il est d’abord dit que le juge est le gardien constitutionnel de la liberté. Et bien nous voulons que, dans les centres de rétention, ceci échappe à la responsabilité de Monsieur Hortefeux, que Monsieur Hortefeux soit expulsé des centres de rétention !
Et nous voulons que ce soit la justice, les juges – gardiens constitutionnels des libertés -, qui exercent leur contrôle sur ces centres de rétention qui peu à peu, tôt ou tard, car c’est un cancer dont nous savons qu’il se métastase, deviendront des camps d’internement.
Nous voulons enfin que tous les mineurs étrangers sans famille soient confiés à la compétence exclusive des juges des enfants.
Voilà, Ségolène. Si certains s’intéressaient de savoir ce que c’est, l’ordre juste, nous pouvons leur dire : « Chers amis, vous voyez, ce n’est pas juste l’ordre ! »
Intervention de Najat Belkacem, conseillère régionale, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Vous n’imaginez pas le plaisir qui est le mien, qui est le nôtre, à nous retrouver ce matin dans une assemblée aussi apaisée, aussi souriante, aussi joyeuse que celle-ci. Quand je pense que, dans quelques mois peut-être, avec toi Ségolène, tout le Parti socialiste ressemblera à ça !
Parlons-en, du Parti socialiste. Deux minutes, on m’a demandé d’être brève. Mais parlons-en quand même, d’abord pour vous dire combien je l’aime, ce parti. J’ai eu l’occasion de le dire souvent, ces derniers temps, d’une voix qui essayait difficilement de couvrir le brouhaha des bisbilles, des petites phrases, des batailles de courant ou de personnes dont tout le monde nous rebat les oreilles sans arrêt. Mais moi je l’aime, ce Parti socialiste, parce que c’est celui qui correspond le mieux aux valeurs que j’ai choisies, aux valeurs que je défends : le progrès pour tous, la justice sociale, et puis aussi c’est celui dans lequel les militants me font le plus grand plaisir en terme d’abnégation, de volonté de changer la société.
Je l’aime, je l’aime ce parti, pour autant, je ne suis pas aveugle et je crois qu’il ne faut pas être aveugle sur ses dysfonctionnements, sur ses lacunes, ou plutôt, puisque je suis de nature optimiste, sur sa capacité d’amélioration, sur son potentiel en quelque sorte, comme on dirait à un élève. Cette lacune, ce dysfonctionnement, je crois que ça provient d’abord de cette difficulté qu’il a, et on en a eu l’illustration encore récemment, à s’ouvrir aux nouveaux militants. J’ai été frappée par la façon dont on a traité les nouveaux militants entrés en 2006 et en 2007 dans ce parti, un peu comme si leur parole avait forcément moins d’intérêt ou moins de légitimité que celle des plus anciens. C’est scandaleux, c’est tout bonnement scandaleux. Pour vivre, ce Parti socialiste a besoin de sang neuf, encore et toujours. Et leur reprocher de n’avoir pas suffisamment de légitimité, c’est un petit peu comme dire à un jeune de 18 ou de 19 ans que son bulletin de vote compte moins que celui de son grand-père.
Alors, on dit de ces nouveaux militants qu’ils sont insaisissables, qu’ils ne sont pas très fidèles aux réunions de sections, qu’ils sont virtuels et passent plus de temps sur internet que dans les réunions ou les couloirs du parti. Mais, dire ça, c’est ne rien comprendre au fait qu’aujourd’hui notre parti doit s’adapter à de nouvelles formes de militantisme, tout simplement, parce que la société change, parce que nous sommes aujourd’hui dans une société de mobilité, une société de zapping, employons ce terme, où il faut admettre que des personnes puissent vouloir faire un bout de chemin avec le Parti socialiste, s’en éloigner quelques temps sans renier leurs valeurs, y revenir un peu plus tard ; et ne pas leur jeter la pierre pour cela.
Société du zapping, société virtuelle, dit-on, c’est encore une fois ne rien comprendre à cet outil extraordinaire qu’est devenu internet, Edwy Plenel en disait quelques mots tout à l’heure. Les militants qui aujourd’hui passent du temps sur internet sont peut-être les plus fervents de nos porte-paroles, et Ségolène Royal l’a bien compris, lors de sa campagne présidentielle, qui a été, à ma connaissance, la responsable socialiste qui a le mieux utilisé cet instrument. Ne passons pas à côté, comprenons ces nouvelles formes de militantisme.
Enfin, le Parti socialiste devra de toute façon s’ouvrir, ouvrir grand les portes et les fenêtres. C’est bien entendu pour lui le seul moyen d’être de plus en plus représentatif de la société, qu’il a vocation à épouser aujourd’hui où il ne l’est toujours pas assez : plus de jeunes, plus de femmes, plus de jeunes actifs… Pour ce faire, il faut s’ouvrir, mais il faut aussi – soyons fous – convaincre les gens de rester une fois qu’ils ont adhéré. Et comment est-ce qu’on les convainc ? Est-ce que les réunions de section telles qu’on les connaît aujourd’hui suffiront ? Je n’en suis pas sûre. Je n’en suis pas sûre et je crois qu’il nous faut passer à une nouvelle étape. Je crois qu’il nous faut répondre au besoin de formation, en particulier, des militants.
Pourquoi n’organiserions-nous pas, c’est une proposition de notre contribution, des universités socialistes régulières, où les militants, et puis aussi les simples sympathisants, les syndicalistes, les associations, pourraient venir prendre de l’information régulière, actualiser leurs connaissances ? Les militants ne l’oublieront jamais, ils sont nos meilleurs porte-paroles, les meilleurs porte-paroles de nos valeurs et de nos idéaux. C’est eux d’abord qu’il faut informer et former.
Les réunions de section ne suffiront pas non plus pour une autre raison, c’est que, adhérer au Parti socialiste, dans le fond, quel en est le sens, quel en est l’objectif ? Je ne crois pas que nous soyons là pour nous convaincre nous-mêmes ou pour passer le temps en discussions ou en disputes. Je crois que nous sommes là pour convaincre les autres. Nous ne le faisons jamais aussi bien qu’en période de campagne, mais il semblerait que dès que la campagne est close, on oublie. On oublie le sens réel de la politique, qui est d’aller voir ceux qui ne sont pas convaincus et de leur expliquer le sens de nos valeurs.
Alors moi, ce que je propose, ce que propose la contribution, c’est de multiplier les débats, les rencontres publiques, en dehors des campagnes, pour convaincre toujours plus, et que les militants aient l’opportunité de s’engager dans la vie associative, dans les réseaux d’entraide, pour être présents en permanence dans la société.
Je crois, chers amis, je crois que c’est Léon Blum qui disait à ses camarades, à propos du Parti socialiste, qu’il fallait garder la vieille maison. Et bien moi, j’ai envie de vous dire, ne confondons pas garder la vieille maison et garder vieille la maison ! Ouvrons les portes ! Ouvrons les fenêtres ! De l’air, de l’air, de l’air, du souffle et de la volonté politique surtout ! Du souffle et de la volonté politique, je n’en connais qu’une qui en ait suffisamment pour bouger les choses.
Intervention de Guillaume Garot, député, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Je suis très heureux d’être là aujourd’hui, parmi vous, à la fois comme nouveau maire de Laval, mais aussi, peut-être surtout, comme Premier secrétaire fédéral de la Mayenne, pour une matinée de débats, de contributions, utiles bien sûr, sereins bien sûr, mais aussi, je te le dis Ségolène, enthousiasmants !
Un Parti socialiste attractif, c’est quoi ? C’est un parti qui portera un vrai, un beau, un grand projet de société. C’est un parti qui se rassemblera autour de son leader, de sa leader, et, pour nous, ce sera Ségolène, bien sûr ! C’est un parti qui sera ouvert à toutes les forces qui font avancer notre pays.
Je vous le dis simplement : Stop au mépris ! Stop au mépris pour les adhérents à 20 euros ! On en a soupé durant les derniers mois. Stop au mépris et stop au repli ! Et oui à un Parti socialiste qui donne une nouvelle énergie à la gauche !
ça veut dire quoi, donner une nouvelle énergie à la gauche ? ça veut dire que nous devons être dans une nouvelle démarche, et Najat en parlait à l’instant. Je crois, comme elle, qu’il faut reconnaître les nouvelles formes de militantisme, parce que beaucoup de citoyens sont aujourd’hui dans des engagements plus ponctuels, mais ça ne veut pas dire des engagements moins réfléchis. Et des engagements qui sont cohérents avec d’autres formes de militantisme : d’autres engagements qu’ils soient associatifs ou collectifs pour la solidarité, pour l’emploi, pour l’environnement ou pour la défense des services publics de qualité.
Alors, à ces militants-là, il ne faut pas avoir peur de leur confier des responsabilités. Des responsabilités dans nos sections, dans nos fédérations. Pour sortir en fait du parcours du combattant, du parcours du militant trop traditionnel qui est parfois aussi, il faut bien le dire, un parcours du découragement.
Et puis il faut aussi, je crois, et j’y insiste beaucoup comme Premier fédéral, entendre les attentes des militants, qu’ils soient anciens ou nouveaux, pour la formation. Parce qu’il y a un formidable besoin de formation dans notre parti, pour tous ceux qui ont soif de culture politique.
Dans ma fédération, en Mayenne, comme d’ailleurs dans beaucoup d’autres fédérations, je crois pouvoir dire que nous avons reconstruit la crédibilité de la gauche en organisant, chaque année, des universités, on appelait cela des universités de printemps, qui étaient ouvertes non seulement aux militants, bien sûr, mais aussi aux sympathisants, aux représentants syndicaux, aux responsables associatifs et aussi aux représentants des forces économiques. Et c’est comme ça, année après année, pas à pas, que nous avons bâti nos victoires, en étant à l’écoute, en étant offensif et en traitant, chaque année, un sujet qui est venu nourrir, alimenter notre projet départemental. Alors on a parlé énergie, on a formulé des propositions en matière d’énergie. On a parlé petite enfance, on a parlé éducation, on a parlé emploi et développement économique. Et c’est ce qui nous a permis de gagner en Mayenne, et c’est ce qui nous a permis aussi de gagner bien sûr dans d’autres départements.
Alors, écouter les nouvelles formes de militantisme, écouter les attentes des militants, qu’ils soient anciens et nouveaux, c’est aussi comme ça qu’on donne du sens au militantisme dans des départements comme les nôtres, où nous considérons, à l’image de notre pays, que nous ne sommes pas condamnés à la droite à perpétuité.
Alors, cher-es ami-es, cher-es camarades, je le dis très simplement, soyons ouverts, soyons unis, soyons déterminés et, avec toi Ségolène, nous changerons le Parti socialiste pour changer la France.
Intervention de François Rebsamen, maire de Dijon, à la Maison de la Chimie le samedi 28 Juin 2008
Cher-es Ami-es, Cher-es Camarades, Bonjour.
Bravo pour cette matinée, bravo pour cette énergie que vous dégagez, que nous dégageons !
Ce matin, dans le train, j’ouvre un journal et je vois que le titre c’est « Où est le Parti socialiste ? » Mais il est là le Parti socialiste !
Oui, il est là parce que vous êtes le cœur du rassemblement des socialistes. Parce que vous êtes le rassemblement des socialistes de cœur ! Je voulais vous le dire, tout simplement parce que, nous, nous n’avons pas d’ennemis au Parti socialiste. Nous, nous ne combattons jamais les socialistes. Nous, nous ne critiquons pas les socialistes. Nous, nous combattons le clan Sarkozy et sa mainmise sur la France
Nous voulons rassembler, nous voulons rassembler tous les socialistes. Votre énergie va y arriver, va y contribuer. Alors, deux minutes de réflexion avant de laisser la place à Ségolène. Deux minutes de réflexion sur une question qui me taraude depuis fort longtemps : pourquoi perdons-nous les élections présidentielles et pourquoi gagnons-nous les élections locales ?
Cette question, il faut la résoudre. Dans n’importe quel parti normalement constitué, c’est la question essentielle qu’on se serait posée, dès le mois de juin de l’année dernière. Car, malgré, la campagne formidable qu’a faite Ségolène Royal, je voudrais le redire ici, malgré le résultat exceptionnel… malgré le résultat exceptionnel qu’elle a obtenu, dans les conditions dans lesquelles elle l’a obtenu, et bien nous n’avons pas gagné les élections présidentielles. Et n’importe quel parti démocratique, normalement constitué, aurait dit ce qu’a dit Jean-Pierre tout à l’heure : « Et bien voilà, avec ce résultat, avec Ségolène Royal, nous avons l’espoir de gagner demain parce que nous allons enfin travailler à la reconquête idéologique avec un leadership assumé. » C’est cela qu’il aurait fallu faire. Ce n’est pas ce qui s’est passé, vous l’avez vu, ce n’est pas ce qui s’est passé. Alors on continue, ou on reprend… On reprend le combat, on reprend le chemin.
Je voudrais conclure cette brève présentation, cette brève réflexion pour vous dire que la victoire idéologique au niveau local est inscrite aujourd’hui, parce que nos élus portent les attentes des Français au niveau local.
Ouin c’est une victoire idéologique que d’être porteur de la révolution du logement au niveau local. Oui, c’est une victoire idéologique que de porter la révolution écologique au niveau local. Oui, c’est une victoire idéologique que d’avoir su imposer la nécessité de l’éducation, des services publics locaux au niveau local. Alors cela, cela ça s’appelle la victoire idéologique et cela entraîne la victoire politique.
Première révolution : mettre l’économie au service de l’homme. C’est un combat idéologique.
Deuxième révolution : faire la révolution écologique. C’est un combat idéologique.
Troisième révolution : mettre en place cet Etat préventif dont on a besoin pour la santé, pour la solidarité, qui prenne en compte les attentes des Français. C’est la révolution idéologique.
Et quatrièmement, mais qui pouvait en douter avec Ségolène, avec ceux qui l’entourent, avec l’équipe que nous formons, c’est la révolution démocratique jusqu’au bout.