Valeurs, nouvelles formes d'engagement,
démocratie participative

Troisième session des Universités populaires participatives

 

Introduction des débats

 

 

1. VALEURS. L’individuel et le collectif :
qu’est-ce qui a changé et quelles conclusions en tirer ?

 

2. NOUVELLES FORMES D'ENGAGEMENT. L’ancien et le moderne : de nouvelles façons de militer ?

 

3. NOUVELLES FORMES D'ENGAGEMENT. S'engager et persister dans son engagement : quels obstacles à lever ?

 

4. DEMOCRATIE PARTICIPATIVE. Quels enjeux ? quels écueils ? quels apports ?

 

 

1. VALEURS. L’individuel et le collectif :
qu’est-ce qui a changé et quelles conclusions en tirer ?

Le monde change. Les citoyens et les militants aussi.
Les grands récits n’ont plus la même force d’attraction mais la conviction qu’un autre monde est possible est stimulée par la crise et la faillite du modèle néo-libéral.
L’avenir apparaît plus incertain et le progrès technique plus ambivalent mais l’aspiration à une vie meilleure et digne n’est pas moins forte même si elle doit conjuguer l’urgence du présent avec l’espoir d’un futur plus juste.

On ne milite pas moins  qu'avant mais, souvent, différemment.
Ce n’est pas « la fin des militants », mais :

-de nouvelles aspirations s’affirment,
-de nouveaux sujets ont émergé,
-d’anciens sujets toujours actuels ne sont plus regardés tout à fait comme avant,
-de nouveaux acteurs sont entrés en lice
-et de nouvelles formes d’organisation sont apparues, qui bousculent les mouvements et les appareils traditionnels, les poussant eux aussi à changer.

Comment voyez-vous l’évolution des relations entre :
-le privé et le public,
-le désir d’égalité et la soif de reconnaissance,
-le souci de soi et le souci des autres,
-le court terme (des résultats ici et maintenant) et le long terme (un autre projet de société)
-ces différents niveaux d’intervention possible que sont le local, le national et le global ?

Quelles certitudes et quelles frontières vous paraissent ébranlées par les mutations économiques, sociales et culturelles contemporaines ?

Y a-t-il forcément une opposition entre l’individuel et le collectif ?
Entre l’intérêt particulier et l’intérêt général ?

Certains – à droite mais aussi à gauche - s’alarment de ce qui change, déplorateurs nostalgiques de ce qui n’est plus, dénonciateurs expéditifs de l’individualisme, du « repli égoïste », de « la tyrannie du moi », du « délitement du politique ». Ils n’offrent guère de clefs pour comprendre et agir.

D’autres, à l’inverse, parent sans recul le neuf, le « post-moderne » et « l’autonomie de l’individu » de toutes les vertus. Parfois dans des termes qui nous paraissent bien proches des injonctions néo-libérales et de l’idéologie du Medef. Ils ne nous aident pas plus à prendre la mesure de la complexité des situations vécues, de la dialectique entre les ancrages sociaux et les expressions de soi, des contradictions qui traversent les formes anciennes et nouvelles de mobilisation et de démobilisation.
Qu’en pensez-vous ?

Faut-il distinguer l’affirmation de ce que les sociologues appellent « l’individuation » (qui ne date pas de Mai 68 mais… de la Renaissance et des origines de la modernité !) et l’individualisme du repli sur le chacun pour soi ?

Que pensez-vous de cette enquête récente sur les valeurs des Français où ils semblent faire de plus en plus la différence entre l’individualisation positive des choix de vie privée et la nécessité d’un ordre juste collectivement respecté ?

Comment interprétez-vous ce qu’elle semble traduire : le renforcement d’une capacité critique et d’un intérêt pour la politique mais, en même temps, un bricolage croissant de valeurs réputées (à tort ou à raison) de droite et de gauche ?

Que pensez-vous aussi de ses résultats qui semblent attester que la fierté croissante d’être Français va de pair avec un recul de la xénophobie, sur fond de crainte persistante de l’Europe et de la mondialisation telles qu’elles vont ?

Voyez-vous, vous aussi, la demande d’égalité l’emporter sur la demande de liberté ?

 

Vous pouvez apporter vos réponses à ces questions et vos contributions ici : Débat participatif sur les Valeurs.

 

 


2. NOUVELLES FORMES D'ENGAGEMENT. L’ancien et le moderne : de nouvelles façons de militer ?

Dans les manières actuelles de s’engager et d’agir, qu’est-ce qui vous semble le plus neuf ou, au contraire, n’avoir pas pris une ride ? Le plus prometteur ou le plus dissuasif ?

Quels sont, sur la base notamment de votre expérience, les avantages et les inconvénients des réseaux informels ou à géométrie variable et des organisations formalisées plus institutionnalisées ?

Que pensez-vous des formes actuelles d’engagement intermittent ou « à la carte » ?

Les manières d’articuler engagements ciblés et polyvalents, ponctuels et permanents vous paraissent-elles avoir évolué ?

Comment concilier autonomie des individus et rapports de forces collectifs ?
Expression individuelle et discipline dans l’action ?
Incarnations singulières personnalisant un problème et fédération des énergies car « ça peut arriver à tout le monde » et ça concerne tout le monde ?

Quelles formes de radicalité actuelles vous paraissent légitimes et efficaces ou illégitimes et contre-performantes ?

Quelle place pour le conflit et pour la négociation ? Peut-on être adversaires et partenaires ?

Et aussi : comment tirer le meilleur parti (démocratique et militant) des technologies actuelles de communication (Internet, réseaux sociaux, vidéos, SMS…) pour lier solidement le Web et le terrain, la circulation de l’information et l’organisation méthodique des contacts, l’interactivité à distance et le travail de proximité (réunions locales, initiatives de voisinage, porte à porte…) ?

Comment faire avec les médias, pour s’adresser à l’opinion, sans leur laisser le soin de formater et parfois de dénaturer le message, en maîtrisant les contraintes de la médiatisation et l’efficacité d’une certaine « spectacularisation » sans en devenir le jouet et y perdre son âme ?

 

Vous pouvez apporter vos réponses à ces questions et vos contributions ici : Débat participatif sur les Nouvelles formes d'engagement.

 

 

3.NOUVELLES FORMES D'ENGAGEMENT.S’engager et persister dans son engagement : quels obstacles à lever ?

La motivation initiale ne suffit pas pour sceller un engagement durable.
Les convictions ne mettent pas à l’abri de la déception.
La volonté sincère d’égalité entre militants n’empêche pas, si l’on n’y prend pas garde, la reproduction de bien des inégalités.

Faut-il se résigner au turn-over militant ou, au contraire, en débusquer les raisons dans certaines manières de fonctionner pour les corriger ?

Quels facteurs organisationnels peuvent renforcer, de nos jours, les fidélités librement consenties et confirmer, sur la durée, que ça vaut le coup ?

Quels sont, à l’inverse, les obstacles (matériels ou culturels, du côté de « l’offre » comme du côté de « la demande ») qui vous paraissent dissuader de commencer ou de continuer à s’impliquer ?

Comment (dans un parti ou un mouvement, un syndicat ou une association) abaisser les barrières d’entrée (pas seulement financières) ?

Comment rompre avec la tendance, souvent involontaire, à rester « entre soi » sans être capable d’accueillir toute la diversité (sociale, générationnelle, etc.) de la société ?

Quelles formes d’organisation et de fonctionnement quotidien au sein des collectifs militants vous paraissent permettre le mieux d’échapper aux « biais sociologiques » qui y reproduisent les hiérarchies du dehors, les divisions traditionnelles du travail (manuel et intellectuel notamment), les inégalités d’accès à la parole et cela même que nous combattons : le monopole des « sachants » opposé à « l’ignorance populaire » ?

Comment, en d’autres termes, faire que tous les milieux et toutes les origines, les catégories populaires comme lesdites classes moyennes, les jeunes comme les plus âgés, les femmes comme les hommes aient également droit de cité et voient leurs contributions reconnues dans les regroupements militants et les mobilisations d’aujourd’hui ?

 

Vous pouvez apporter vos réponses à ces questions et vos contributions ici : Débat participatif sur les Nouvelles formes d'engagement.

 

 

4. Démocratie participative : quels enjeux ? quels écueils ? quels apports ?

Au cœur de notre démarche, il y a la volonté de combattre le sentiment d’impuissance qu’attisent les désordres d’un monde livré à la globalisation financière mais qu’alimentent aussi la défense des « prés carrés » d’hier et une certaine conception, que nous croyons dépassée et contre-performante, du monopole de la décision politique.

Il y a, comme le dit et le met en pratique Ségolène Royal, l’appel à l’intelligence collective des citoyens et des militants, la reconnaissance de leur capacité d’expertise non pas concurrente mais complémentaire d’autres formes de compétences et de légitimité.

Il y a le choix de redonner aux écartés des choix politiques et des politiques publiques les moyens de dire leur mot et surtout de peser.

C’est tout l’enjeu de cette démocratie participative qui est, pour nous, bien autre chose qu’une simple « démocratie de proximité » ou que ces simulacres de consultation sans portée opérationnelle dont les citoyens sont de moins en moins dupes.

La crise globale qui secoue le monde met en évidence l’urgence d’autres objectifs et d’autres méthodes.

Du Brésil de Lula aux Etats-Unis d’Obama, du Forum Social de Belem aux différents collectifs militants qui font bouger les lignes et les rapports de forces en rendant aux citoyens un pouvoir qui n’est pas simplement celui de désigner leurs représentants, une nouvelle culture politique s’ébauche.

Quelles leçons tirer de dispositifs souvent rangés pêle-mêle dans la catégorie fourre-tout de « participation » mais en réalité aussi différents que :

- d’une part, les conseils de quartier avec leurs micro-enveloppes, les conseils de jeunes ou d’anciens, les formes soft de consultation locale ou nationale

- et, d’autre part, les budgets participatifs dotés d’une capacité de décision financière, les « towns meetings » popularisés dans les pays anglo-saxons, les jurys citoyens, les référendum d’initiative populaire ?

Quelles différences sur le plan de la participation populaire, du partage du pouvoir de décider, de la construction de l’intérêt général et, le cas échéant, de la justice et de la redistribution sociales ?

Quels avantages et quels inconvénients des démarches fondées sur la participation volontaire et de celles fondées sur le tirage au sort ?

« Participer pour participer », ça n’attire que ceux qui en ont le temps ou le goût parce qu’ils s’en sentent a priori la capacité mais c’est vite lassant s’il n’y a pas de véritables enjeux à la clef.

Comment faire de chaque dispositif ou moment participatif un temps vécu comme utile car ayant des conséquences concrètes mesurables par chacun ?

Comment la démocratie participative peut-elle permettre aux citoyens de suivre les décisions prises avec eux ou en leur nom et d’en contrôler l’application ? Faut-il, au-delà des outils existants, inventer d’autres façons d’assurer la traçabilité des décisions (voir le site recovery.gov créé à la Maison Blanche) et de rendre des comptes ?

Comment articuler de manière efficace une démocratie hardiment participative et la nécessité (a fortiori par gros temps) d’un leadership fort qui trace le cap et mérite la confiance ?

 

Vous pouvez apporter vos réponses à ces questions et vos contributions ici : Débat participatif sur la Démocratie participative.