symposium du 12 au 15/07/10

Joseph Stiglitz « L'homme le plus incompris d'Amérique »

C'est ainsi que Newsweek le décrivait en 2009.

Hors des Etats-Unis, il fait figure d'oracle néo-keynésien.

I.- Repères biographiques

Né en 1943, Joseph Stiglitz grandit en Indiana.

Sa mère enseigne dans une école publique dont les élèves sont majoritairement afro-américains. Son père, dit-il, lui a appris l'importance de la Sécurité sociale (et de son paiement ponctuel pour les domestiques).

Un test de personnalité passé au lycée le destinait au rabbinat mais il choisit et excelle précocement en sciences économiques.

James K. Galbraith: La planification contre l'Etat prédateur

Né en 1952, James K. Galbraith est un économiste « hétérodoxe » proche de l'aile gauche du Parti Démocrate.

Il est le fils de John K. Galbraith, économiste keynésien qui fut le conseiller de plusieurs présidents démocrates (Roosevelt, Kennedy, Johnson).
Il parle couramment le français.

I.- Le père : John K. Galbraith (1908-2006)

Ce fut un critique éminent de la théorie néo-classique de la souveraineté du consommateur et de l'auto-régulation du marché.
Son plus grand ennemi : Milton Friedman, intégriste de la dérégulation.

Crise mondiale : ravages et incohérences

I. -L'OCDE a estimé le 7 juillet qu'il faudrait créer 17 millions d'emplois dans les pays industrialisés pour y retrouver le niveau de chômage d'avant la crise. Le sous-emploi touche aujourd'hui 80 millions de personnes dans les pays de l'OCDE.

Son rapport « Perspectives de l'emploi 2010 » révèle également que la crise a porté le chômage à un niveau sans précédent depuis... 1945 (environ 8,6% de la population active).
Son recul sera vraisemblablement fort lent (8% de chômeurs en moyenne, fin 2011, prudemment présentés comme « possibles »).

Les Allemands font figure d'exception avec 250.000 chômeurs en moins sur la même période.

Grèce: Une cure d'austérité drastique

Le temps mis par l'Europe à se porter au secours de la Grèce a augmenté la facture : 110 milliards d'euros ont finalement été accordés par Bruxelles + le FMI, dont la 2ème tranche doit être versée en septembre au vu du respect par la Grèce des engagements draconiens qu'elle a dû souscrire.
Ce temps perdu a aussi favorisé la contagion de la zone euro.

I.- Un plan socialement très violent

La cure d'austérité qui accompagne cette aide doit permettre au pays de réaliser 30 milliards d'économies d'ici 3 ans :

  • réforme des retraites (report à 65 ans de l'âge légal de départ pour les femmes comme pour les hommes, allongement de la durée de cotisation, diminution de 10% du montant des pensions) ;

De la crise de 1929 à celle de 2008 : même danger des politiques de rigueur à contre-temps

Dans une tribune publiée dans le Monde du 8 juillet sous le titre « Les pays riches peuvent-ils échapper à la rigueur ? », Daniel Cohen rappelle quelques sévères leçons de réponses apportées à la crise de 1929 qui n'ont fait, en Europe, qu'en accroître les dégâts.

18 mois après avoir éclaté à Wall Street, la crise financière a atteint l'Europe, comme dans les années 30. C'est en mai 1931 que la faillite de la plus grande banque autrichienne, le Credit-anstalt, a fait basculer l'Europe dans le drame. Venant au secours de l'établissement autrichien, la Banque d'Autriche perd un tiers de ses réserves.