| 19 Mai 2009
Dans le discours prononcé à Dakar le 6 avril 2009, Ségolène Royal a demandé pardon aux Africains pour l’esclavage et le passé colonial ; elle a dit merci pour l’impôt du sang payé par les soldats d’Afrique lors de la Libération de la France, merci aussi pour le rôle essentiel des Africains dans la reconstruction de notre pays ; elle a dit « s’il vous plaît » enfin, pour que l’Afrique et l’Europe inventent un avenir commun. Ces mots simples dépassent les éternelles interrogations sur la « repentance », le pardon étant en réalité la première pierre d’une relation apaisée, tournée vers le futur. Ils ont pourtant soulevé de vifs débats avec la droite française, alors que, dans l’opinion et chez les intellectuels, en France et en Afrique, ils ont été largement appréciés et soutenus.
Pour prolonger le débat, des spécialistes de l’Afrique, historiens, philosophes et politiques, tenteront de répondre à cette question : quel avenir commun pour l’Afrique et l’Europe au 21e siècle ? Y interviendront notamment : M. Elikia M’Bokolo, M. Daniel Maximin, M. Souleymane Bachir Diagne, M. Achille Mbembe, Mme Alice Cherki, Mme Catherine Coquery-Vidrovitch, M. Lazare Ki-Zerbo et M. Pierre Boilley.
Nous reviendrons sur le passé commun de l’Afrique et de l’Europe, avec une discussion approfondie sur la période coloniale. Au cœur du débat, la caractérisation par Ségolène Royal de la colonisation comme « système », dans la lignée du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire.
Le passage du passé à l’avenir sera le thème central du dialogue. Nous reviendrons sur l’importance politique du concept de « réconciliation » et examinerons la proposition de créer une commission Afrique/Europe d’historiens et de témoins, sur le modèle de la commission vérité et réconciliation sud-africaine. Nous clarifierons également ce qui distingue le « pardon », ouvert vers l’autre, de la « repentance », repliée sur elle-même.
Tournés vers le monde de demain, nous considérerons les relations entre l’Afrique et l’Europe dans l’horizon de la mondialisation. En discussion, la promotion de la démocratie et le développement commun de l’Afrique et de l’Europe. Nous débattrons des propositions de Ségolène Royal de créer un siège de membre permanent pour l’Afrique au Conseil de Sécurité de l’ONU, et de reconnaître à l’Afrique une plus grande place dans la gouvernance économique mondiale (FMI, Banque Mondiale ou G20).

