
Nous vivons une crise écologique majeure et cette crise est implacable dans deux domaines. Le réchauffement climatique et, par dessus tout, la biodiversité.
Arrêtons d’employer ce mot neutre de biodiversité et appelons cette crise par son nom : c’est la huitième extinction massive de l’histoire de la planète, et peut-être la plus grave depuis celle qui, voici 350 millions d’années, a failli mettre un terme au règne du vivant.
La plupart des espèces n’ont pas été répertoriées mais certains estiment à 100 000 le nombre d’espèces qui disparaissent chaque année, soit une toutes les cinq minutes. L’homme lui-même a peu de chances de survivre à cette extinction qu’il aura lui-même provoquée.
Les abeilles, par exemple, sont en train de mourir sous l’effet conjugué des pesticides, des OGM, et de la mondialisation qui fait voyager les parasites et les prédateurs des abeilles domestiques. Or, sans les abeilles, les plantes à fleurs ont peu de chance de pouvoir survivre ! L’extinction massive est donc de loin la menace n°1, et le réchauffement climatique ne fait que l’aggraver.
Pourtant, les manifestations en faveur des abeilles ou de la biodiversité ne mobilisent que les apiculteurs et une poignée d’écolos, comme s’il s’agissait d’une revendication professionnelle comme le prix du carburant pour les routiers ou d’une affaire de doux poètes.
La communauté internationale a su se mobiliser efficacement contre les CFC. Elle a réussi à mettre sur pied le GIEC et des plans internationaux contre les émissions de CO2.
Les choses sont loin d'aller aussi vite du côté de la CDB (conférence sur la diversité biologique). Aujourd’hui, nous devons d’urgence lancer à l’échelle internationale ce que la région Ile-de-France a fait avec Natureparif, présenté sur ce même blog.
La création d’un GIEB (Groupe d’Experts International sur la Biodiversité) est annoncée. Il faut passer à la vitesse supérieure, mobiliser vraiment l’opinion internationale et faire adopter d’urgence des mesures drastiques. Par exemple :
- Réserves marines pas seulement en haute mer mais dans les zones côtières, là où vit la faune, et gardées s’il le faut par les marines nationales.
- Interdiction totale des pratiques de pêche industrielle prédatrice des fonds marins.
- Intégration des critères environnementaux aux règles de l’OMC, ainsi qu’il est indiqué dans la contribution Combattre et Proposer.
- Système international de bonus – malus sous forme, pourquoi pas, d’une « bourse des dégradations », à l’image de ce qui se pratique pour les émissions de carbone, afin de récompenser les pays respectueux comme le Costa Rica ou la Finlande.
- Sanctions économiques contre les pays qui détruisent leur forêt primaire (Indonésie en particulier). En échange, les pays les plus avancés devraient mettre à disposition des moyens pour aider ces pays à gérer leur écosystème de manière durable.
- De même, sanctions contre les pays qui détruisent leur faune terrestre ou marine.
- Financement d’un grand programme international de recensement systématique des espèces et des menaces qui pèsent sur elles.
- Financement de plans de sauvetage d’espèces emblématiques comme l’ours polaire ou le dauphin. etc.
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