
Un grand danger guette le parti socialiste : il peut trés bien gagner en 2012, non pas parce qu'il aura un bon programme, mais simplement parce que les Français voudront faire une pause dans les réformes qui auront, à court terme,réduit leurs acquis sociaux.
Or certaines réformes sont indispensables :
- le passage à 40 annuités de travail , compte-tenu de l'allongement de la durée de la vie, qui ne peut souffrir comme exception qu'une pénibilité réelle.
- la réforme de l'assurance-maladie, dont on ne peut laisser le déficit s'accroitre indéfiniment. Le remboursement doit se recentrer sur les besoins d'aujourd'hui (Alzeimher )et non sur ceux d'hier.
- l'introduction d'une certaine fléxibilité du travail hebdomadaire et des conditions d'emploi, sous peine de voir régrésser notre compétitivité face aux pays émergeants.
- l'école et le collège doivent rester uniques parce que tous les enfants de moins de 16 ans y sont, mais pas forcément pour y apprendre les mêmes choses.
- la réduction drastique des dépenses de l'Etat, pour ne pas laisser une dette abyssale à nos enfants. On peut se passer d'une pléthore d'options dans les lycées,et on doit,même si c'est douloureux, fermer des garnisons aux frontières de l'Est :le danger n'est plus là.
- Il faut sacrifier le département,et en partie la petite commune, dûsse notre héritage républicain en souffrir.On ne peut laisser les échelons de décision s'empiler indéfiniment.
- Il faut libérer l'Europe de la règle de l'unanimité et rendre ses institutions efficaces,sous peine de subir la mondialisation.
Alors, évidemment, il y a plusieurs manières de faire ces réformes :on pouvait les étaler dans le temps (mais Mitterrand et Chirac ont préféré l'immobilisme),on peut aussi répartir plus ou moins équitablement la facture.
Mais on ne peut pas les éviter.Michel Rocard avait essayé de parler vrai .Sur les retraites, Jospin a préféré écouter Teulade que Charpin : c'est pourtant ce dernier qui était dans le vrai, et on sait que la médecine douce du Dr Jospin ne l'a pas préservé du désastre électoral. On peut faire des tas de reproches à Sarkozy, lui reprocher un train de vie de nabab alors que les temps sont durs,lui reprocher certains abus de pouvoir, on ne peut lui contester le courage : pour réformer, il prend le risque de l'impopularité et il n'aura pas, comme ses prédécésseurs, un premier ministre "fusible"et un temps de cohabitation pour se refaire une santé électorale. Le PS ferait bien d'en prendre de la graine, de renier tous les adeptes de "plans B" qui n'existent que dans leurs paroles : les Mélanchon, Fabius et autres Emmanuelli, conservateurs d'aujourd'hui.Le PS doit se libérer définitivement de sa maladie infantile : le molletisme (= langage dur, de "gauche", et navigation à vue quand on est au pouvoir). Mettez au point une doctrine réaliste, réformiste mais sociale,laissez les "plans B" utopiques à Besancenot , et choisissez les leaders aprés. Et rappelez-vous, à ce propos, qu'en 2012 vous aurez deux grosses pointures internationales disponibles : Strauss-Kahn et Pascal Lamy.