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La gauche est celle qui choisit pour notre République ce beau slogan : Liberté-Égalité-Fraternité. Elle est celle qui, sous l'impulsion de Jean Jaurès, et sous la direction d'Émile Combes, fit de la République française une République laïque. Elle est encore une fois celle qui fit inscrire dans la constitution ce principe de laïcité en 1946. La gauche est également celle qui s'est battue, se bat et toujours se battra pour plus de solidarité dans la société.
Reste, puisque cela apparaît de plus en plus comme impératif, à en faire une application à toutes les échelles de la société. Cela implique donc de connaître le "nom" de ces valeurs, mais avant tout et surtout de connaître ce qu'elles impliquent. Et de se mettre en accord sur ce qu'elles impliquent, car c'est cela construire ensemble un projet politique. C'est donc, brièvement, ce que je vais tâcher de faire.
Commençons par l'égalité, que nous pouvons, dans un projet de gauche lier à la liberté. En effet, les libertés, celle de s'exprimer, de voyager, de penser, de se cultiver, de débattre, de travailler, sont liées aux égalités de revenus, de droits, de traitements judiciaires, d'éducation... Un revenu maximum assez faible (50 000 euros par mois) et un revenu minimum élevé en fonction de la redistribution issu par ce gain sur la masse salarial des plus riches. Bien évidemment, le montant n'est pas significatif et je ne suis pas économiste pour dire à quel montant exact il devrait s'élever. De même, une modification de la carte scolaire introduisant l'obligation pour chaque établissement d'accueillir des élèves provenant (en nombre égal) de chaque quartier serait nécessaire à l'égalité, mais aussi à la fraternité, cette fois entre les classes. La modification du système des commis d'office, qui engendre une mauvaise défense judiciaire pour les plus pauvres. Le financement massif de la culture par l'État : permettre, par financement public, que les petites librairies aient la possibilité de faire un réduction de 5 % sur les livres (prévue par la loi Lang). Interdire les écoles hors-contrat et remettre en cause l'accord Vatican-Paris quant aux diplômes universitaires serait une nécessité laïque.
L'éducation, et je parle là de fraternité et de confiance est, elle aussi, à repenser entièrement, fondamentalement, et radicalement. En effet, nulle possibilité pour les élèves de travailler réellement en groupe, et bien trop souvent des cours strictement magistraux : voilà ce qui asphyxie notre système d'éducation. Tout en restant aussi ambitieux sur les programmes, qui doivent même le devenir plus, notamment sur le plan littéraire, où la catastrophe est proche quand on ne fait plus lire que des œuvres abrégées au collège, de peur d'effrayer les collégiens. Responsabiliser considérablement plus les citoyens (n'est-ce pas là, la base de notre République) dès le lycée, en instaurant les conseils de classe coopératifs préconisés par Freinet. Car la responsabilité, c'est également ce qui manque à la confiance : le gouvernement prive de responsabilités les citoyens en leur interdisant de fumer dans les lieux publics, généralement en sanctionnant ce qui pourrait mettre en danger le citoyen lui-même, qui voit son domaine de liberté considérablement réduit.
Voilà ce dont la gauche doit se munir (et ce ne sont que quelques idées), d'un programme ambitieux qui fasse qu'elle retrouve enfin ses valeurs !