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Malgré la réticence de certains, face au discours de Philippe Aghion, professeur d’économie à l’université de Harvard, il y a parmi ses propos, un certain nombre de faits et de vérités incontournables qui devraient servir de plate-forme pour des choix futurs.
D’abord, il y a cette réalité que la puissance économique de l’Asie ne cesse de croître, beaucoup plus vite que celle de l’Europe. Les entreprises européennes délocalisent inexorablement vers l’Asie. La puissance financière de l’Asie ne cesse de croître. A tel point, que plus du 50% de l’économie US n’appartient déjà plus aux Américains. Depuis le début de cette crise, les Chinois viennent périodiquement faire les soldes en Europe pour voir quelle entreprise en difficulté ils pourraient encore acquérir avantageusement ?
Aussi bien les USA que l’Europe deviennent des continents de consommateurs dépendants. De plus en plus, des chômeurs assistés par des gouvernements toujours plus endettés et impuissants.
Face à cela, on entend des voix diverses qui se déclinent souvent autour du thème : c’est inéluctable. Il faut s’adapter à la décroissance, gérer le déclin.
La force économique d'un pays, d'une population et d'un gouvernement, ce ne seront jamais que ses entreprises.
Mais si on regarde comment fonctionne une entreprise actuelle, c’est rare qu’elle donne le meilleur de son potentiel. Il y a un terrible gâchis de compétences et de motivations. Cela vient de la structure même des entreprises. Classiquement, il y a des actionnaires-propriétaires qui y ont engagé un capital, avec les risques que cela représente. De ce fait, ils ont traditionnellement tous les droits, excepté quelques garde-fous légaux, souvent obtenus à coup de décennies de lutte sociale et même dans le sang. D’un côté, ceux qui possèdent, qui dirigent, et de l’autre, ceux qui, pour survivre, acceptent tant bien que mal de signer des contrats de travail. Souvent, ils ne sont que peu motivés, tentent juste de sauver les apparences et leur emploi, avec la conviction d’être exploités.
Si nous voulons gagner, il faut s’en donner les moyens. Et ce ne sera pas en s’endettant encore plus pour tenter de sauver des structures qui ne sont plus assez compétitives, ce que font actuellement beaucoup de pays occidentaux. Pendant que l’Occident s’endette gravement, comme le souligne le professeur Aghion, l’Asie se renforce encore plus vite.
Ce que nous pouvons tenter de faire, c’est totalement repenser la structure des entreprises, afin d’en dégager l’efficacité maximale. La créativité maximale, aussi.
Le génie d’une entreprise ne sera jamais que la résultante du génie individuel de chaque personne.
Cela implique que l’on doit créer au sein de chaque entreprise les conditions pour que chaque individu puisse déployer de manière optimale son potentiel. Cela passe par le respect de la dignité de chaque personne, par la reconnaissance que sa valeur pourrait s’avérer inestimable. Ça implique aussi une équité. Un partage équitable des risques et des bénéfices. Un repérage efficace des potentialités individuelles et leur développement par des formations efficaces. Il faut promouvoir les cadres, non seulement pour leurs compétences, la valeur de leurs idées, mais aussi dans la mesure où ils sont capables de faire leur, le destin de tous ceux qui y donnent le meilleur d’eux-mêmes. Quoi de plus destructeur pour la motivation d’une entreprise, que d’être dirigé par des traîtres?
Il faut mettre en place des entreprises qui fonctionnent dans une dynamique participative, coopérative, encourageant chaque participant à considérer objectivement l’entreprise comme sienne, comme son œuvre. Il faut mettre en place une culture d’entreprise qui cherche non pas à éliminer son camarade, mais au contraire à valoriser le repérage d’erreurs, afin d’y remédier au mieux. Créer une dynamique positive, une réussite commune, une entreprise qui soit aimée et dont on ait envie de prendre soin. Rien de pire, que ces sordides évaluations internes où tout le monde s’épie, afin de déterminer la prochaine personne à jeter ? Ça divise, ce qu’il faut justement éviter. Il faut aussi une totale transparence. Les soucis du moindre des employés sont aussi l’honneur de la direction et celle-ci ne doit pas être dans une manipulation des employés, mais dans un partage loyal des soucis et des intentions.
C’est le prix à payer pour réussir ensemble, pour que le potentiel de chacun puisse devenir une réussite de grande ampleur. Pour que ensemble tout devienne possible.
Commentaires
d' accord à 100%
FRANCOISE BAUMAL BLOG J'ACCUSE56 Dans les années 80 on se battait pour l'autogestion c'est à dire une autonomie et une responsabilisation.La culture d'entreprise dont tu parles induit une participation à la gestion des salariés ou de leurs représentants et une participation à la prise de décision sous une forme à définir. Cogestion? Je ne sais pas si nous sommes encore murs. Les patrons sont encore trop ancrés dans le capitalisme pour admettre le partage des responsabilités, et les salariés trop dans la lutte de classe consécutive à la gestion du personnel dans les entreprises et ce ne sont pas les reculs actuels qui y changeront quelque chose. Pour avancer il faut inventer un nouveau système économique dans leque l'économie est au service de l'homme et la finance au service de l'économie.Il faut ensuite trouver un nouveau modèle de croissance et de développement. Une fois cette "révolution pacifique " effectuée les mentalités pourront changer et l'organisation des entreprises aussi. Je demeure persuadée qu'un des moteurs de ce changement serait le développement intensif des SCOOP.
Amitiés Ségolénistes
j'accuse56: www.frbaumal.unblog.fr
Le partage Travail - Capital ?
Le phénomène des pays émergents n'est pas spécialement nouveau. Pour notre vieille Europe, comment le PS répond à des questions basiques du type :
- Depuis 1995, le salaire réel aurait augmenté au même rythme que la productivité par tête, soit environ 1 point par an.
- la stabilité des profits masque certes une explosion de la distribution des dividendes des actionnaires ( 27 % des profits en 95, 40.00 %, aujourd'hui.
- les entreprises ne consacrent plus que la moitié de leurs profits à leurs investissements, contre 68 % en 95.
- L'endettement des entreprises passe de 60 % à 75 % pour verser toujours plus de dividendes à leurs actionnaires, toujours entre 95 et aujourd'hui.
- Logique, les entreprises ont toujours un énorme besoin de fonds propres.
- pour partager le gâteau, il faut encore accroître les gains de productivités.
- réduire les dividendes et baisser le taux d'autofinancement est délicat.
- diminuer les investissements ? Réduire les salaires fixes et accrôitre les rémunérations variables ?
- aggraver les risques des salariés ?
- Augmenter les salaires ? C'est non !
Patrick Artus dixit.
Les soldes chinoises ne nous font - elles pas oublier un fondamental du socialisme.
L'individu avant l'Economie, fut- elle extrème orientale.
danieldussapt
Soyons concret et pragmatique
Je vous conseille de jeter un coup d'oeil à ma proposition de label "Entreprise citoyenne" (un peu plus bas) qui répond tout ou partie à vos souhaits et va même bien au delà. Car si le constat est évidemment bon, il est temps de proposer des mise en oeuvre concrète et réaliste allant dans ce sens.