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Sur le plan pragmatique et en raison des urgences imposées par la crise, nous avons besoin d’une grande politique budgétaire « commune ».
Mais pour commencer, il faut savoir sur quels critères, quels éléments et quels instruments on va s’appuyer pour en contrôler son application correcte. Là aussi ne mettons pas la charrue avant les bœufs.
Nous ne pourrons jamais espérer parvenir aux équilibres indispensables en se fixant pour unique objectif que des équilibres d’ordres comptables.
Le toujours plus d’austérité ne peut que conduire à étouffer toute l’économie… Et se n’est sûrement pas à partir de ces données comptables que l’on pourra obtenir, attirer et avoir le concours des peuples en se basant sur un toujours plus d’austérité…
Alors que ce serait toujours les mêmes qui en profiteraient (en payant toujours moins d’impôts) et en reporteraient de ce fait les sacrifices sur les autres… On aurait rien résolu.
En conséquence, la nécessité d’une « croissance » pour accompagner la rigueur s’impose… Car des pays endettés ont besoin de gagner plus pour pouvoir rembourser… C’est tout simplement le bon sens. Il faut compléter le traité de rigueur budgétaire par un volet consacré à la croissance.
Encore faut-il pour obtenir, à la fois le contrôle d’une grande politique budgétaire commune et, à la fois cette croissance… Encore faut-il disposer de « bons » instruments, de bons outils…
Lorsque l’on balance 750 milliards d’euros pour un fonds de stabilité visant à sécuriser le système des banques et des assurances et que l’on constate qu’il n’y a plus aucun milliard pour les « vrais » acteurs économiques (chefs d’entreprises moyennes et petites…) qui seraient les « seuls » à pouvoir relancer l’activité économique… Et que nous voyons ces mêmes banques réussir et continuer à verser à nouveau des milliards d’euros de bonus à leurs dirigeants… Et s’en servent ensuite pour toujours avoir leur monopôle de la détention de capitaux… Qu’ils entendent nous prêter ensuite avec des taux d’intérêts exorbitants si l’occasion s’en fait sentir… Et qu’ils ne rateront pas si l’occasion se présente effectivement.
Alors ces outils… :
- Une banque centrale qui injecte « directement » des liquidités aux vrais acteurs économiques.
- Une séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires (ce qui peut se faire à l’échelle de la France en attendant que cela se fasse au niveau européen) pour éviter la dilution des flux monétaires de la spéculation de se mélanger avec l’argent « réelle » des déposants et des épargnants des banques de dépôts. Sinon c’est le chantage à l’augmentation des taux d’intérêts pour les prêts, l’inflation sur les prix à la consommation et la spoliation des petites économies des gens les plus modestes.
- Il nous faut une réforme bancaire généralisée.
- Il nous faut une réforme généralisée de l’ensemble du système financier… Avec notamment au niveau des marchés financiers, l’interdiction de spéculer sur les dettes souveraines.
- Une relance salariale (partout où c’est possible)
- Au niveau de l’Europe un plan d’investissement financé par l’emprunt…
Et bien d’autres réformes, elles aussi chargées de dynamiser l’économie…
Comme dans les domaines purement économiques :
- Investissements dans les entreprises les plus performantes sur tous nos marchés (intérieur, extérieur) et les entreprises qui investissent dans la recherche, développement
- La création d’entreprises également performantes, respectant les normes sociales et environnementales.
- La formation : Par la sécurisation des parcours professionnels pour adapter nos travailleurs aux nouvelles donnes de l’économie.
- La représentation du personnel dans les conseils d’administration de nos entreprises.
- En régulant nos échanges commerciaux internationaux en fonction de l’importance de leur flux avec la zone économique concernée, et le respect de ces partenaires commerciaux envers les normes sociales et environnementales…
Ensuite il faut savoir ce l’on veut… Si l’on veut l’Europe, il faut en présenter une vision claire : Seule une puissance publique continentale permettra à la « démocratie » de reprendre le contrôle d’un capitalisme mondialisé devenu fou.
Pour cela il nous faut une Europe « solidaire ». Il n’est pas raisonnable et réaliste de demander à certains Etats ou Régions d’Europe d’avoir le même PIB, puisqu’il est fonction des ressources dont dispose le territoire concerné… En conséquence il y a, et il y aura toujours des écarts de compétitivité.
Il s’agit là d’établir simplement des normes comptables compatibles avec leurs « réelles » ressources disponibles… Et au meilleur de leur possibilités.
A partir de là, c’est une Europe qui doit s’engager clairement dans la voie de la mutualisation des dettes publiques européennes.
Dans ce cas là il faut être logique, on ne peut mutualiser les dettes sans un contrôle sur les Etats susceptibles de s’endetter. Avec une dette « commune », il n’est pas possible de laisser ensuite chaque pays de décider seul de la quantité de dette commune qu’il souhaite émettre.
Et nous en arrivons à notre point de départ, la mutualisation des dettes implique nécessairement une grande politique budgétaire « commune ».
Bien souvent on l’a constaté au cours du passé… Ce sont les solutions et actions économiques pragmatiques qui donnent le « la », elles sont exigées par l’urgence de la crise qui devance souvent le « politique ».
Et si cette « grande politique budgétaire commune » donnait naissance à une « vraie » « politique européenne » ?… Que l’on puisse ainsi donner une raison d’être de cette union européenne ?…
Cette Europe c’est notre affaire… Nos conditions de vie en dépendent… Elle doit se construire avec la participation des peuples, les associations, les rapprochements entre partis frères, la création de partis paneuropéens, nos votes nationaux…
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