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Le sens de la justice.
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SUJET: Le sens de la justice.
#34489
Le sens de la justice. Il y a 1 Année Karma: 54
Bien souvent il y a confusion entre libre entreprise et socialisme.
Le socialisme n’est pas l’ennemi de la liberté d’entreprendre… De même qu’inversement.

Plus je produis de biens (ou de services) dans mon entreprise, plus logiquement je dois pouvoir m’enrichir. (Pas par cupidité… Tout simplement pour vivre.

Ce système, au départ, a l’avantage de stimuler l’économie ; D’une part, plus je produis de biens et plus je suis susceptible de satisfaire mes propres besoins et ceux de mes semblables… Donc je suis en mesure de m’assurer des moyens de subsistance. C’est cette subsistance qui me donne des revenus me permettant à mon tour de satisfaire mes besoins… ce qui m’apporte en fait « directement » de meilleures « conditions de vie »… Des conditions que l’on peut nommer de « sociales ».

Dans ce système l’économique et le social sont intimement liés… Plus je suis efficace sur le plan économique et plus je suis efficace sur le plan social et, inversement, plus je suis efficace sur le plan social, plus je suis efficace sur le plan économique.

Il est évident que celui qui fait des efforts pour produire des biens (ou services) ne pourra pas voir d’un bon œil celui qui ne fait rien à côté et qui viendrait lui prendre le produit de sa production… C’est le fruit de son labeur et tout cela sans qu’il y ai contre partie.

Pour qu’il y ai contre partie, il faut que l’autre puisse en échange lui donner un de ses biens produit par lui-même, ou de la monnaie correspondant aux biens que celui-ci a produit.

Comment voulez vous que, celui qui produit des biens soit intéressé et stimulé si on ne lui donne pas le droit d’être propriétaire de sa propre production et que l’on vienne le piller du produit de sa production ?… Si non, il s’agit bien là de vol caractérisé et d’une certaine forme d’injustice aussi. On en reviendrait à l’origine des temps, aux temps néolithiques où des bandes de brigands venaient piller les productions de nos premiers cultivateurs et éleveurs.

Bien entendu ce système a bien fonctionné tant que chaque individu pouvait vivre heureux de son petit commerce… Mais dès que l’on s’aperçu que l’on pouvait utiliser un autre homme que l’on jugeait plus faible à son service et que l’on pouvait accumuler sa production sans arrêts pour deux, pour trois… L’injustice entre les hommes s’est introduit à l’intérieur même de l’unité de production qu’est l’entreprise.

En effet en tenant compte que chacun est le propriétaire de sa production, on a uniquement et simplement extrapoler ce sens de propriété au niveau unique de l’entreprise… Et sans tenir compte si elle était « individuelle » ou non… Au lieu de ce qui serait plus juste, de le faire au niveau de chaque individu. C’est ainsi que la coutume attribua la propriété de l’entreprise à celui qui en a était le créateur lorsque cette même entreprise fonctionnait sous la forme d’un travailleur indépendant.

Donc, celui qui devenait le patron était naturellement celui qui en était le propriétaire à l’origine. D’autre part la concurrence et la compétitivité entre les entreprises on fait que certains (patrons) ont accumulé plus de biens que d’autres… Avec cette accumulation ils ont finis par avoir d’énormes capitaux… Qu’ils ont réinvestis à nouveau dans la propriété de moyens de productions toujours de plus en plus performants… Mais toujours sous le droit de propriété accordé à l’origine.

Tous ceux qui n’ont pas eu cette chance ( pour cause de maladie, de performances productives moins intenses… ) d’accumuler pour devenir propriétaire de moyens de production, n’ont pas eu d’autres moyens que de se mettre au service des propriétaires des moyens de production…

Au fil du temps ils ont été régis par une certaine forme de servage… Certes au fil de ce temps les travailleurs avec leurs syndicats ont obtenus certains avantages, qui dans d’autres périodes peuvent être remis en cause encore de nos jours.

Tout cela au cours de notre histoire syndicale a engendré certes des avantages positifs envers nos salariés, mais des avantages qui n’avaient aucun rapport avec la marche de l’entreprise… Et cela arrangeait bien tout le monde… Le salarié se disant : je sauvegarde et conquis mes avantages… Au patron de se débrouiller pour faire ronfler sa boutique et me payer. Quant au patron par la même occasion il préservait le secret de son affaire… et à merveille puisque certains se sont même attribué des rémunérations indécentes… Et nous en sommes arrivés là où les choses se bloquent. Nous en arrivons à un clivage et une lutte entre les dirigeants (entrepreneurs) et le personnel (salariés) qui a engendré des mauvaises habitudes de protestations, de non dialogue positif, qui n’ont que pour résultats que le disfonctionnement de leur entreprise commune (aux salariés et employeurs). Alors que tous devraient avoir un intérêt à ce que leur entité « entreprise » aille bien.

D’autre part les marchés financiers ont aggravés les choses. Les capitaux se sont accumulés à la vitesse de la lumière. Les luttes entre prédateurs et les dévorés se sont exacerbées et accentuées… Ils ont complètement infecté l’ensemble de l’économie à l’échelle mondiale.
Et nous en connaissons tous les maux, délocalisations, chômage… Ponctions de plus en plus forte des fruits de la production en faveur des capitaux pour permettre à ceux-ci de prendre des participations dans tous les domaines de l’économie réelle pour la dominer.

Ce système pervers tient en otage nos petites économies, les absorbent, les noient et les investis sans nous le dire (par l’intermédiaire de contrats d’épargne qui sont rendus incompréhensibles volontairement pour mieux nous gruger) dans leur accumulation de capitaux… Ce qui leur est utile pour garder leur pouvoir… Et à terme, éventuellement nous les voler à coups sûr en nous comptant des taux d’intérêts toujours au plus haut par l’intermédiaire des prêts accordés dans le cadre de notre dette souveraine.
Et que dire d’un entrepreneur indépendant qui a engagé ses petites économies et même son patrimoine et qui peut à tout instant être spolié par toutes ces crapules.

Bien entendu il va nous falloir changer tout cela.

On doit pouvoir garder l’esprit d’entrepreneur au niveau de l’entreprise… Mais on doit pouvoir l’étendre au niveau de l’ensemble de tous les travailleurs (dirigeants et salariés de base) de cette entreprise.
Tous collectivement nous devons participer à l’élaboration de la politique générale de notre entreprise… et décider d’un commun accord de la répartition des richesses produites entre le capital et la rémunération de tous les travailleurs.

Un gouvernement de gauche devrait prendre des mesures, créer un nouveau droit pour les travailleurs allant dans ce sens. Nous devrons encourager la création (ou la reprise) d’entreprises, l’esprit d’entrepreneur (non pas celui de quelqu’un qui veut s’enrichir comme un vandale sur le dos d’un autre) Celui d’un entrepreneur moderne qui a cette vision éthique de son entreprise, où tout le monde participe à sa bonne marche et en récupère avec « justice » les fruits de son effort. Oui encourager tous ceux qui ont ce projet d’entreprise plus humaine.

Pour terminer, j’illustrerais mon propos par ce que nous disait Madame Royal dans une de ses allocutions, à Lavelanet, le 29 juillet 2011 en nous parlant de Jaurès :

« Jaurès considérait que, dans l’ordre politique, la nation souveraine avait renversé les oligarchies du passé mais que, dans l’ordre économique, elle leur restait soumise ».

« Ce que la Révolution française avait fait pour le citoyens, il restait à l’accomplir pour le salarié privé de droits ».

« La démocratie sociale telle que je m’engage à la développer (avec le renforcement du dialogue entre partenaires sociaux, avec la représentation des salariés dans les conseils d’administration des entreprises, avec l’essor nécessaire d’un syndicalisme de masse qui rééquilibre les rapports entre le capital et le travail, avec sa capacité à anticiper et négocier les mutations économique, avec ses compromis dynamiques dans l’intérêt bien compris de l’entreprise et de tous ceux qui contribuent à la production de richesse), cette « démocratie sociale », donc, l’idéal Jauréssien de « citoyenneté dans l’entreprise » ont quelque chose en commun : La conviction que l’intérêt général commande le « respect mutuel » plutôt que la brutalité de relations sociales ».
 
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#34498
aimji
épouvantablement patient
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Re: Le sens de la justice. Il y a 1 Année Karma: 0
pour ajouter un élément de réflexion a ce sens de justice

www.ted.com/talks/lang/fr/richard_wilkinson.html
 
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